Mort du grand chef d'orchestre espagnol Jesus Lopez Cobos

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/03/2018 à 22H11, publié le 02/03/2018 à 21H50
Le chef d'orchestre Jesus Lopez Cobos en 2004.

Le chef d'orchestre Jesus Lopez Cobos en 2004.

© Alberto Martín/EFE/Newscom/MaxPPP

Le chef d'orchestre espagnol Jesus Lopez Cobos, qui a notamment dirigé l'Opéra de Berlin, la Scala de Milan, l'orchestre symphonique de Cincinnati ou de Londres est décédé le 2 mars à Berlin. Le musicien a été emporté par un cancer à l'âge de 78 ans, ont annoncé ses représentants à Madrid.

Jesus Lopez Cobos sera enterré à Toro, village médiéval de 9.000 habitants, dans la région de Castille-et-Léon (nord-ouest) où il est né, a précisé l'agence Conciertos Vitoria tandis que la mairie de la ville annonçait trois jours de deuil après sa disparition.

A dirigé parmi les meilleurs ensembles du monde

Docteur en philosophie, sa carrière musicale a commencé sur le tard, car, a-t-il raconté, en Espagne, sous le franquisme, "la musique n'avait pas de place réelle". Formé au conservatoire de Vienne, Cobos, qui n'a entendu son premier concert d'orchestre qu'à l'âge de 18 ans, a dirigé ponctuellement les meilleurs ensembles du monde, notamment les orchestres philarmoniques de Vienne et Berlin, l'orchestre symphonique de Londres, quand il ne dirigeait pas à la Scala de Milan ou au Metropolitan Opera de New York.

Son premier concert date de 1978, à Londres. De là, il est passé à l'Opéra de Berlin, en tant que directeur général (1981-1990), et à Madrid, où il a dirigé l'orchestre national d'Espagne (1984-1988) puis à Cincinatti (1990-2000) dans l'Etat américain de l'Ohio. Il a raconté au quotidien français Le Monde en 2002 avoir fait cette carrière "par chance". "Un jour, en 1965, à l'issue d'un concert, je suis allé voir Claudio Abbado dans sa loge pour lui demander conseil et il m'a suggéré d'aller travailler à Vienne. C'est ce que j'ai fait. J'ai beaucoup travaillé et observé les autres en allant tous les soirs à l'opéra, dans les palaces debout à 1 schilling", avait-il confié au journal.
"Quand j'ai fini mes études, j'ai suivi le chef suisse Peter Maag pendant une année. Un jour, la chance m'a souri : il est tombé malade et j'ai sauvé une représentation de La Flûte enchantée à La Fenice, l'opéra de Venise. A la suite de quoi, on m'a proposé de rester deux ans car le chef titulaire était parti à New York".

L'une des grandes figures en Espagne

En Espagne il a reçu en 1981, à 41 ans, le prestigieux prix Prince des Asturies des arts. Il a aussi travaillé en tant que directeur musical au Teatro Real, au moment de sa renaissance, entre 2003 et 2008. Selon El Pais, il est encore pour beaucoup dans la composition de l'orchestre actuel. "L'Espagne perd un des grands du monde de la musique", a regretté vendredi le ministre de la Culture et porte-parole du gouvernement Íñigo Méndez de Vigo.
Très demandé, López Cobos a eu une activité frénétique jusqu'à sa mort, au Japon, en Chine, aux Etats-Unis.

Une importante discographie lui survit, comprenant l'interprétation d'oeuvres de Georges Bizet, Manuel de Falla, Maurice Ravel ou Gustav Mahler. Sa passion restait l'opéra et en particulier "Cosi fan tutte" de Wolfgang Amadeus Mozart.