Le 7e Festival des voix étouffées à Strasbourg mêle musique et histoire

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/10/2015 à 17H15
Le Festival des Voix étouffées a Strasbourg 

Le Festival des Voix étouffées a Strasbourg 

© France3/culturebox

La 7e édition du Festival des voix étouffées s'est ouvert ce week-end à Strasbourg. Redonner vie à des artistes injustement oubliés dont la musique avant-gardiste était honnie des nazis, tel est l'enjeu de ce festival original qui mêle musique et histoire et se poursuit jusqu'au 26 novembre.

C'est un Festival original qui s'est ouvert à Strasbourg. L'événement entend redonner vie à des compositeurs méconnus, morts en déportation ou au destin brisé par l'exil. Comme Alfred Tokayer, Stefan Wolpe ou Viktor Ullmann, méconnus des mélomanes. Et pourtant, ces artistes très connus dans les années 20 et 30 sont tombés dans l'oubli, injustement. Certains exilés n'ont plus retrouvé le succès, d'autres ont cessé de composer.  

Pour les nazis, le critère racial était évidemment crucial pour déterminer quels artistes devaient être mis à l'index explique Michael Haas, auteur du livre "Forbidden music". Tous les compositeurs juifs ont donc ainsi été ostracisés et généralement tous ceux qui s'inscrivaient dans le courant musical avant-gardiste des années 20-30. C'est symboliquement avec un concert de swing, considérée comme une musique des Noirs américains qui n'avait pas le droit de cité à l'époque, que le Festival a fait l'ouverture

Reportage : Herbet Anne-Laure -Yves Ledig- Myriam Heyer 

https://videos.francetv.fr/video/NI_526226@Culture


Dans ce festival atypique qui mêle musique et histoire, certains concerts sont programmés dans des lieux de mémoire, comme celui prévu le 26 novembre dans l'ancien camp d'internement des Milles, à Aix-en-Provence, avec au programme trois compositeurs assassinés dans les camps.

Le 14 octobre à la synagogue d'Obernai dans le Bas-Rhin, on pourra entendre "La vie des machines", une étonnante composition de jeunesse de Wladyslaw Szpilman, le musicien juif polonais dont Roman Polanski a raconté le destin au cinéma dans "Le Pianiste".

Egalement au programme ce soir-là, les "Huit chants populaires juifs" composés en 1947 par Simon Laks, violoniste français d'origine polonaise qui dirigea l'orchestre d'Auschwitz-Birkenau. A travers cette oeuvre, "ce n'est pas seulement le chant juif qui est arraché à la destruction, c'est aussi la musique qui est rendue à la musique", souligne son fils, le philosophe André Laks, dans un hommage publié sur son blog.
 
Le Festival Voix Etouffées
A Strasbourg, du 9 octobre au 26 novembre