Chorégies d'Orange : une société publique pour sauver le festival

Par @Culturebox
Publié le 16/03/2018 à 17H03
Chorégies d'Orange : "Nabucco" de Verdi dans l'Ancien théâtre (2014)

Chorégies d'Orange : "Nabucco" de Verdi dans l'Ancien théâtre (2014)

© DAN SHANNON / ONLY FRANCE

La création d'une société publique aux côtés d'autres collectivités a été entérinée par la région Paca pour sauver les Chorégies d'Orange, manifestation estivale d'art lyrique sujette à de grandes difficultés financières.

1,5 million d'euros de déficits

Programmées cette année du 20 juin au 4 août dans la cité du Vaucluse, les Chorégies d'Orange, organisées pour la première fois en 1869, sont le plus ancien et plus populaire des festivals lyriques français.

"Malgré la qualité (...) sa santé financière demeure particulièrement fragile", a souligné le président LR de Paca, Renaud Muselier, en séance plénière du conseil régional. L'association qui organise le festival a accumulé 1,5 million d'euros de déficits d'exploitation successifs, et se retrouve en cessation de paiement. Les Chorégies, qui emploient cinq personnes à plein temps, sont autofinancées à 80% par la billetterie, un niveau très élevé, le reste étant apporté par l'État et les collectivités locales. Le budget total avoisine les 6 millions d'euros.

"Il faut reprendre les choses en main. Soucieux de l'avenir des Chorégies (...) nous avons fait le choix d'intervenir rapidement", avec l'aval de l'État, a ajouté M. Muselier. En pratique, la région, le département du Vaucluse et la ville d'Orange vont mettre en place une société publique locale qui va mener un audit.

Elle pourra "faire une offre de reprise" qui garantira au mieux les emplois, les contrats, la marque et l'apurement des dettes du festival qui accueille en moyenne 55.000 spectateurs par an, selon la délibération du conseil régional.
Le Théâtre antique d'Orange ("Nabucco" de Verdi - 2014)

Le Théâtre antique d'Orange ("Nabucco" de Verdi - 2014)

© FRANCK PENNANT / AFP

Trop dépendant de la billetterie

Cette reprise reste "une opération particulièrement délicate pour les deniers publics", a souligné M. Muselier. Il se donne trois ans pour améliorer la situation et rendre les clés à une nouvelle structure. Proposée par la majorité LR, la création de la société publique locale a été également votée par le Front National, seule force d’opposition.

Condamnées par leur dépendance des recettes de billetterie pour faire le plein de l'immense théâtre antique d'Orange (8.300 places), les Chorégies tentent de sortir d'une programmation trop centrée sur les "tubes" de l'opéra mais souffrent d'un sous-financement chronique.

La direction du festival a aussi été confrontée à des turbulences : le directeur historique Raymond Duffaut a démissionné en 2016 sur fond de conflit avec le maire d'extrême-droite d'Orange, Jacques Bompard, et a été remplacé par Jean-Louis Grinda, également directeur de l'Opéra de Monte Carlo.

Ce dernier fait revenir la danse l'été prochain, avec les Ballets Béjart ("La Flûte enchantée"). Sont également de la programmation, le rare "Mefistofele" d’Arrigo Boito et "Le Barbier de Séville", qui n'a jamais été donnée à Orange.