Matteo Salvini patron de l'extrême-droite italienne, pas emballé par la victoire de Mahmood au festival de San Remo

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 10/02/2019 à 16H30
Mahmood, Festival San Remo, 9 février 2019

Mahmood, Festival San Remo, 9 février 2019

© Capture écran / YouTube

Alessandro Mahmoud, alias Mahmood, un Milanais "100% italien" de mère sarde et de père égyptien, a créé la surprise en remportant la 69e édition du festival de San Remo, véritable institution de la chanson en Italie.

Chaque début février pendant cinq longues soirées d'affilée, la première chaîne publique scotche plus de 10 millions d'Italiens devant leur téléviseur et dépasse souvent les 50% de part d'audience avec ce concours qui a inspiré l'Eurovision. Créé en 1951 dans la cité balnéaire de San Remo, en Ligurie (nord), le festival a révélé des dizaines d'artistes comme Eros Ramazzotti, Andrea Bocelli ou Laura Pausini.
Lors de la finale dans la nuit de samedi à dimanche, il a gagné grâce au vote du jury professionnel, alors que le public ne lui a accordé que 14% contre 46% pour le favori, Ultimo. Très vite, les commentaires ont fusé sur les réseaux sociaux: "Ils nous ont imposé un bouffon", "Tu n'as battu personne Ali Baba, ils t'ont fait gagner, c'est tout !"

"Mahmood... Bof"

Matteo Salvini, patron de l'extrême droite et homme fort du gouvernement, a mis de l'huile sur le feu en tweetant dans la nuit: "Mahmood... Bof... La plus belle chanson italienne ?!? Moi j'aurais choisi Ultimo, et vous, vous en pensez quoi ?" Son message a provoqué un déluge de critiques d'internautes qui lui ont renvoyé l'un de ses leitmotivs "Prends un Maalox, ça te passera", lui ont suggéré de déguster un couscous ce dimanche ou lui ont envoyé des bras d'honneur.

Beaucoup lui ont aussi signalé la réaction de son ex-compagne Elisa Isoardi, qui a salué dans cette victoire "la démonstration que la rencontre de cultures différentes génère la beauté". L'intéressé, qualifié par sa victoire pour représenter l'Italie à l'Eurovision en mai, s'est pour sa part refusé à toute polémique : "Je suis Italien, né et grandi à Milan, Italien à 100%", a-t-il déclaré à la presse.