Un passeport pour les instruments de musique fabriqués en matières protégées

Par @Culturebox
Publié le 13/03/2013 à 09H58
Piano réalisé par Muzio Clementi. Musée italien de Cavalese (2013)

Piano réalisé par Muzio Clementi. Musée italien de Cavalese (2013)

© ANDREAS SOLARO / AFP

Touches de piano en ivoire, guitares en bois rares ou archets de violon en écailles de tortues : les instruments anciens contenant des espèces végétales ou animales protégées auront un passeport personnalisé. Les 178 pays membres de la Convention sur le commerce international des espèces menacées, réunis à Bangkok, ont approuvé mercredi la création de ces "certificats".

Ce sésame va limiter les complications administratives pour un piano fabriqué avant l'interdiction du commerce international de l'ivoire ou un violon en bois précieux dont le commerce est régulé. Actuellement, les musiciens qui voyagent à travers le monde doivent réclamer un "permis Cites" à chaque fois qu'ils traversent une frontière avec l'un de ces instruments. Le nouveau texte, proposé par les Américains à la demande d'organisations du secteur musical, prévoit un passeport multi-entrée valable trois ans, attaché à chaque instrument.

"C'est une grande victoire", a commenté le chef de la délégation américaine Bryan Arroyo. "Cela facilitera les mouvements des musiciens, particulièrement des orchestres. Imaginez toute la paperasserie qui va être économisée!", a-t-il ajouté, estimant que le système devrait être en place d'ici un an.

Cette décision était attendue par certaines organisations comme la Fondation pour la musique japonaise, qui possède d'inestimables Stradivarius et autres violons mis à la disposition d'artistes. "Ils voyagent beaucoup pour des concerts à travers le monde souvent avec des plannings serrés", a expliqué Kazuko Shiomi, sa présidente. 

Les tracasseries administratives et les menaces de saisie ont conduit certains à prendre des mesures drastiques, a expliqué le responsable d'une entreprise britannique spécialisée dans le transport de pianos anciens, évoquant notamment l'arrachage des touches en ivoire par des propriétaires inquiets.