"On a tous quelque chose de Johnny" : un album de reprises adoubé par Hallyday

Mis à jour le 06/12/2017 à 15H40, publié le 16/11/2017 à 12H01
tribute Johnny hallyday © Universal Music

Depuis quelques mois, ce sont les bulletins de santé qui égrènent l’actualité de Johnny Hallyday. Cette fois-ci, parlons chansons avec cette première : Johnny Hallyday a accepté qu'un album de reprises de ces chansons voie le jour. Ainsi est né "On a tous quelque chose de Johnny", un "tribute" signé Benjamin Biolay, Louane, Thomas Dutronc...

Qui peut rassembler le jeune vainqueur de "The Voice", Lisandro Cuxi, 18 ans et les routiers de la chanson, Garou et Patrick Bruel ? Raphaël et Nolwenn Leroy ? Qui fait peur et fascine Amel Bent et est dans la mémoire des repas de famille de l'enfance de Louane ? La réponse : une icône, un monument historique, un mythe. Les mots finissent par épuiser leur force quand ces artistes parlent de Johnny Hallyday et dans leurs yeux se lit l'admiration et le respect. 

Reportage : C.Airaud / Alexandre Dupont / Olivier Lecointe /  Cathy Destout 

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"Il est terrible, Johnny"

Ils sont seize. Le guitariste Yarol Poupaud, compagnon de route depuis quelques années du taulier, comme il l'appelle, a réalisé et arrangé l'album. Avec Thomas Dutronc, ils ont repris Gabrielle. "Il est terrible, Johnny" dit Thomas, "il a une énergie rock'n'roll des années 60 et 70, il représente cette musique du rockabilly à Woodstock. Il donne, il donne à fond, banco tout sur la table, sans filet. Ma mère en écoutait beaucoup à l'époque de Michel Berger. Ce sont les années 60 celle de Jean-Marie Perrier. La première fois, je l'ai vu arrivant sur une main de King Kong au Zénith, j'avais été impressionné par le spectacle et dans les loges par son regard, ses yeux bleux qui vous transpercent.

Mais Johnny, c'est l'enfer à chanter. Nous avons repris Gabrielle. Puis, j'ai regretté car c'est l'enfer". Yarol Poupaud surenchérit : "Johnny m'a toujours dit rêver d'avoir un groupe, de ne pas être un chanteur seul devant, c'est cela son identité, celle des années du rock". 

T. Dutronc Y. Poupaud © Christophe Airaud

"Hallyday, c'est la zone erogène musicale des Français" 

Marco Prince, qui a lui repris avec Yarol Poupaud, un titre des années 70, "Les Coups", n'a pas le compliment léger, mais il résume avec un brin d'emphase le sentiment de tous les artistes qui ont participé à l'album : "Hallyday", dit-il, "c' est le patron, le taulier, un panthéon, c'est le boss, c'est un monstre sacré, le dragon universel , c'est la zone erogène musicale des français. Il y a un truc animal chez lui".


Benjamin Biolay, plus mesuré, parle lui aussi de technique musicale : "Johnny, s'approche du chanteur lyrique. On pense à Alagna ou Placido Domingo, il a trois ou quatre octaves de tessiture, il maîtrise son vibrato, il a une puissance insensée. Il est très juste, extrêmement technique au niveau des décibels, c'est impressionnant. Il pourrait chanter sans microphone", explique-t-il.

Louane Biolay Hallyday © Christophe Airaud

Biolay assis aux cotés de Louane, continue à décrypter la performance vocale. "Quand tu reprends 'Toute la musique que j'aime', ça commence très bas, ça finit très haut, on se dit en l'écoutant : lui il est facile... Mais c'est comme une haie que l'on croit sauter aisement et on se ramasse." Louane avoue même être entrée en studio, détendue et tranquille avant de s'apercevoir, dit-elle, "qu'une chanson de Johnny, c'est quelque chose de beau et d'inimitable". Elle ajoute :  "Je pensais que cela allait être facile, je suis arrivée les mains dans les poches, c'était en fait très difficile. Je suis sortie vidée. Il a une énorme technique vocale."

Résultat : "La musique que j'aime" enregistrée en 1973 par Johnny et revue par Louane née en 1996, devient un blues rafraîchissant et elle se souvient de son père qui l'entonnait à presque chaque repas de famille. C'est l'émotion du souvenir, ce que partage Amel Bent.

"La voix de Johnny c'est waouh, c'est du haut niveau"

Pour Amel Bent, "c'est quelqu'un qui a toujours été présent. Il est de la génération de ma maman. Elle a même pris quelques paires de claques car elle collait des photos de Johnny et Sylvie dans son cahier de maths. Donc, j'ai l'impression qu'il a toujours été dans ma vie. J'ai eu beaucoup de chance car ma maman m'a transmis Hallyday, Aznavour et Dalida, c'est un bel héritage". Mais l'avoir entendu toute son enfance ne change rien : quand Amel Bent chante en duo "Allumez le feu" à Bercy avec lui, elle est très impressionnée. "C'est compliqué de garder son sang froid, il a une aura, il dégage quelque chose de puissant. La voix d 'abord, puis il a un regard. C'est un loup, il m'a regardée dans les yeux et... j ai perdu mes moyens, Dieu sait si je ne perds pas souvent mes moyens. Pour ma reprise de 'Que je t'aime', je devais donner vocalement, j'y suis allée et je n'ai jamais été aussi stressée. Je suis retournée en studio, j'ai refait mon troisieme couplet puis mon deuxième et l'équipe m'a dit stop, sinon cela aurait duré éternellement".

Amel, émue rajoute : "On peut pas coller à sa voix, elle est unique. J'avais surtout envie que la chanson soit digne de cette grande voix. il a une tessiture de dingue, il passe du velours à la puissance : c'est waouh. C'est du haut niveau". L'admiration et le respect ne suffisent pas à la qualité d'un album, bien sur. "Quelque chose de Johnny" est surtout l'occasion d'entendre des artistes s'accrocher, se battre, donner une autre couleur aux 16 tubes, et la rumeur dit que Johnny oblige ses invités dans sa maison de Marne-la-Coquette à écouter religieusement les 16 reprises, signe que l'album est adoubé à cent pour cent par le Patron.  
 

Album : "Quelque chose de Johnny" chez Universal Music
Sortie le 17 Novembre. Avec Kendji Girac, Slimane, Garou, Thomas Dutronc, Louane, Benjamin Biolay, Lisandro Cuxi, Patrick Bruel, Gauvain Sters, Florent Pagny, FFF, Amel Bent, Gaëtan Roussel, Nolwenn Leroy, Raphael et Calogero.