Les obsèques d'Aretha Franklin auront lieu le 31 août à Detroit

Mis à jour le 21/08/2018 à 17H28, publié le 18/08/2018 à 11H46
Des fleurs pour Aretha Franklin sur le Hollywood Walk of Fame, Hollywood, Californie

Des fleurs pour Aretha Franklin sur le Hollywood Walk of Fame, Hollywood, Californie

© Mark Ralston / AFP

Les funérailles d'Aretha Franklin auront lieu 31 août dans une grande église de sa ville natale de Detroit, a confirmé vendredi l'agente de la "reine de la soul", alors que les hommages d'anonymes et de célébrités à la chanteuse légendaire décédée jeudi continuaient à affluer.

La ville de Detroit, capitale de l'automobile américaine où Aretha Franklin s'est éteinte jeudi à 76 ans après une longue bataille contre le cancer, s'apprête à rendre à sa star un hommage sur plusieurs jours, à la hauteur de la légende qu'elle était devenue. En 60 ans de carrière, celle que tout le monde surnommait "Aretha" a influencé plusieurs générations d'artistes à travers des tubes planétaires comme "Respect" (1967), "Natural Woman" (1968) ou "I Say a Little Prayer" (1968).
 
Les 28 et 29 août, la dépouille de la "reine de la soul" devrait être exposée au public de 9 heures à 21 heures au Charles Wright Museum, dédié à l'histoire des noirs américains, a confirmé à l'AFP son agente de longue date, Gwendolyn Quinn.

Reportage A. Vahramian / T. Donzel

Cérémonie dans l'église où ont eu lieu les obsèques de Rosa Parks

Les funérailles devraient avoir lieu ensuite le vendredi 31 août,au Greater Grace Temple, grande église pentecôtiste de Detroit où furent organisées en 2005 les obsèques de Rosa Parks. Cette femme avait, en 1955, osé défier dans l'Alabama une interdiction faite aux Noirs de s'asseoir à l'avant des bus, devenant ainsi une icône de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains.
 
Si le lieu peut accueillir jusqu'à 4.000 personnes, les invités devraient être triés sur le volet : membres de la famille, proches et célébrités du monde de la musique ou d'autres personnalités, comme l'ancien président Barack Obama, pourraient être conviés, indiquait vendredi le grand quotidien local, le Detroit Free Press.
 
La chanteuse sera inhumée dans le cimetière de la ville où reposent son père et trois de ses frères et soeurs, a précisé Gwendolyn Quinn.

Les fans défilent à l'église de son père pasteur et au musée Motown

En attendant, les fans de la diva, qui avait débuté comme chanteuse de gospel à neuf ans avant de démontrer son talent sur quatre octaves, du R&B à l'opéra, continuaient vendredi à lui témoigner leur admiration à la New Bethel Baptist Church, l'église de son père pasteur, située dans un quartier mal famé de la ville du Michigan.
 
Dès l'annonce jeudi de son décès, l'église est devenue lieu de recueillement : des anonymes s'y succédaient pour déposer des messages, des fleurs, des ballons et des ours en peluche, avec en fond sonore les grands succès d'Aretha.
 
Les admirateurs d'Aretha Franklin défilaient aussi devant le musée Motown, installé dans les anciens studios de la maison de disques du même nom, qui a prévu de diffuser sa musique tout le weekend. Si la chanteuse n'y a jamais enregistré de disque, sa musique a toujours été associée au "son" de Motown.
<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="en" dir="ltr">This photo was taken in 2012 when Aretha &amp; I performed at a tribute celebration for our friend Marvin Hamlisch. It’s difficult to conceive of a world without her. Not only was she a uniquely brilliant singer,but her commitment to civil rights made an indelible impact on the world <a href="https://t.co/Px9zVB90MM">pic.twitter.com/Px9zVB90MM</a></p>&mdash; Barbra Streisand (@BarbraStreisand) <a href="">16 août 2018</a></blockquote>
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Les fans dansent devant le musée Motown

Fred Zilian, professeur à l'université de Rhode Island venu à Detroit pour des retrouvailles d'anciens camarades de la prestigieuse école militaire de West Point, dansait avec sa femme devant le musée.
 
"Je devrais être triste car nous avons perdu Aretha Franklin, mais il fallait que je sorte dans la rue danser", a-t-il indiqué, en se remémorant combien il avait adoré sa musique et celle des artistes noirs qui ont fait la gloire des studios Motown dans les années 1960.
 
"Le pays se déchirait sur les questions raciales et nous, comme vous pouvez le constater, nous sommes tous blancs, mais on s'en fichait", a-t-il raconté à l'AFP. "Ca en dit long sur la capacité de rassembler qu'a la musique".
 
"C'est vraiment étonnant. Evidemment, nous sommes tous tristes et nous avons le coeur brisé en pensant à sa mort, mais les gens affluent au musée", a indiqué la directrice du musée Sheila Spencer.

Dianne Reeves salue "la reine"

De nombreuses célébrités ont également tenu à saluer cette immense artiste. "C'est difficile d'imaginer le monde sans elle. Non seulement c'était une chanteuse merveilleuse, mais son engagement en faveur des droits civiques a eu un impact indélébile sur le monde", a par exemple tweeté l'actrice et chanteuse Barbra Streisand en forme d'adieu à Aretha Franklin.
 
Dans une vidéo postée sur Twitter, la star du jazz Dianne Reeves salue "la reine" en chantant. Elle la remercie pour "la lumière" et "l'amour" qu'elle nous a apporté. "On ne t'oubliera jamais", conclut-elle.
 
Aretha Franklin avait été en 1987 la première femme à entrer au sein du Rock and Roll Hall of Fame. En 2010, le magazine Rolling Stone l'avait placée en tête de sa liste des 100 plus grands chanteurs de tous les temps, hommes et femmes confondus.
 
Aretha Franklin avait chanté aux cérémonies d'investiture des présidents Bill Clinton et Barack Obama.

Hommage de Barack Obama

Celui qui fut le premier président noir de l'histoire des Etats-Unis lui a rendu, avec sa femme Michelle, un hommage appuyé. "Durant plus de six décennies, chaque fois qu'elle chantait, nous avions tous droit à une lueur divine", ont-ils estimé dans une déclaration écrite.
 
Le président Donald Trump a salué sur Twitter "une femme exceptionnelle qui a bénéficié d'un merveilleux bienfait de Dieu, sa voix", estimant qu'elle continuerait à "inspirer de nombreuses générations à venir".
 
Parmi les dizaines de chansons qui se sont hissées au top 40, "Respect", initialement composée par Otis Redding, devait devenir le plus grand des succès pour cette femme devenue mère avant ses 13 ans, et un hymne au féminisme.