La mort du batteur de James Brown John "Jabo" Starks

Mis à jour le 02/05/2018 à 18H34, publié le 02/05/2018 à 17H02
Le batteur John "Jabo" Starks en janvier 2017 à Los Angeles.

Le batteur John "Jabo" Starks en janvier 2017 à Los Angeles.

© Phillip Faraone / Getty Images / AFP

Le batteur John "Jabo" Starks, qui a tenu les baguettes sur de nombreux classiques de James Brown dans les années 60 et 70, est mort mardi à l'âge de 79 ans. Selon sa manageuse Kathie Williams, il souffrait de leucémie et était hospitalisé depuis une semaine.

John "Jabo" Starks, qui avait commencé avec des bluesmen, a longtemps travaillé avec James Brown en compagnie de l'autre batteur du parrain de la soul et du funk Clyde Stubblefield, le fameux "Funky Drummer" mort l'an dernier.

A eux deux, sur scène et en studio, ces deux as des fûts ont propulsé de nombreux titres dévastateurs de James Brown. Ils ont travaillé ensemble sur les albums "I Got The Feelin", "Sex Machine", "Say it loud - I'm black and I'm proud" et "Cold Sweat". Enormément samplés, de LL Cool J à Kendrick Lamar, ils ont offert dans un second temps leur dynamique au hip-hop.

Starks et Stubblefield, un duo extraordinaire pour le Parrain de la soul

Starks et Stubblefield, qui avaient des styles différents, se considéraient partenaires et non pas rivaux. Dans un entretien à la radio nationale américaine NPR en 2015, Starks expliquait l'origine de leur duo à la batterie,rapporte le New York Times.

Lorsque James Brown n'avait encore qu'un seul batteur, qu'un seul guitariste et qu'un seul bassiste, un différend avait éclaté entre le groupe et le Godfather of Soul. Il avait dû négocier avec eux pour trouver un arrangement, ce qui lui avait fortement déplu.

Il s'était ensuite promis de ne plus jamais se retrouver à court et d'avoir toujours sous la main deux musiciens de chaque. "Ca a commencé comme ça. Mais lorsque Clyde Stubblefield et moi-même avons rejoint le groupe (à deux semaines de distance), ça a tout de suite collé entre nous. Il a alors laissé les autres batteurs partir." 

Autodidacte, "Jabo" avait commencé avec des bluesmen

John Henry Starks était né à Jackson (Alabama, USA) le 26 octobre 1938. Grandi aux sons du gospel et du blues, il tombe amoureux de la batterie en voyant une fanfare de la parade de Mardi Gras en Alabama. Il apprend en autodidacte sur une batterie bricolée et fait ses premières armes avec des bluesmen comme John Lee Hooker, Howlin Wolf et Big mama Thornton en Alabama.

Il rejoint le groupe de James Brown en 1965 et reste avec lui jusqu'au milieu des années 70. Starks tient les baguettes notamment sur "The Payback", "Get Up (I Feel Like Being A) Sex Machine" (1970) , "Talking Loud and Sayin nothing" et "Super Bad".

John "Jabo" Starks a ensuite collaboré avec B.B. King en tournée et en studio. Il a également travaillé avec les groupes satellites de James Brown, The JB's, Bobby Bird et Lyn Collins, en particulier sur les classiques "Hot Pants" et "I Know You Got Soul". Avec son "brother" Stubblefield il a aussi reformé leur vieux duo sous le nom de Funkmasters,  les deux légendes enregistrant notamment des vidéos pédagogiques.
 

"Jabo" a joué presque jusqu'à la fin

Ces dernières années, "Jabo" Starks continuait à jouer en public, se produisant régulièrement dans un petit bar de Grayton Beach en Floride, où il a joué pour la dernière fois en mars 2018.

"Si tu ne peux pas battre la mesure du pied ou taper des mains sur ce que je fais, c'est que ça ne vaut pas le coup", avait-il coutûme de dire. "Tout ce que je veux, c'est faire durer ce battement de coeur - tant que je peux le maintenir, le bassiste ou le guitariste ou le trompettiste peut faire ce qu'il veut parce qu'il sait qu'il y a une base solide derrière lui."

Une interview (en anglais) des batteurs John "Jabo" Stark et Clyde Stubblefield en 2017.