José Shungu, chanteur hip-hop : de la scène aux salles de classe de Besançon

Par @Culturebox
Mis à jour le 14/03/2018 à 11H37, publié le 14/03/2018 à 10H49
José Shungu, chanteur du groupe Green Shop

José Shungu, chanteur du groupe Green Shop

© France 3 / culturebox

Depuis la fin des années 90, il écume les scènes. Avec Green Shop, formation musclée qui mâtine son hip-hop de soul et d'electro, José Shungu est le premier artiste associé à La Rodia, salle des musiques actuelles de Besançon. Mais le musicien d'origine congolaise (rive Kinshasa) réserve de son temps aux salles de classe où il va prêcher le bon mot rap. Ateliers d'écriture ou plutôt d'expression.

Vingt ans qu'il fait de la musique. L'enfant du hip-hop a traversé sa génération sans se ranger au bord de la route des musiques actuelles. Côté scène, il cultive son quatuor, Green Shop, qui sort aprés "Kinshasoul" un second album intitulé "Antipodes". Côté jardin, Shungu retourne à l'école où il ne craint pas de se poser au bord du tableau noir pour enseigner aux collégiens son art du maniement des mots.

Reportage France 3 Franche-Comté : A. Plougoulm / C. Jeannin / S. Chevallier  

https://videos.francetv.fr/video/NI_1201595@Culture


Tout m'inspire, c'est un peu bête à dire : la vie, le quotidien, l'actualité, la santé du chat... On est freestyle, ce qui veut dire que l'on saisit l'inspiration du moment, l'ambiance de l'instant et puis on retranscrit tout ça dans un texte et une musique.

José Shungu, chanteur hip-hop

Les mots mis en équation

Sur le tableau de la classe, Shungu met ses mots en équation : groupe de syllabes, agencement phonétique, son flow s'enseigne comme une matière du programme. Quelques principes de rimes en tête et les collégiens se lancent dans l'écriture de textes, plus chancelants qu'incisifs. Peu importe, le MC a relancé la machine à aligner les mots. Le collège Diderot du quartier de Planoise à Besançon, placé en zone d'éducation prioritaire (ZEP) bénéficie depuis la rentrée des interventions du musicien : "Ces ateliers sont des espaces d'échanges, de prises de parole, de prises de position. Au-moins auront-ils pu poser leur regard sur les questions que l'on souléve et l'idée est d'apporter une dimension artistique à leur prise de parole".

José avait le même âge que les collégiens de Planoise quand il a commencé le hip-hop, en jouant avec les mots des livres de français. Aujourd'hui, il peut renvoyer ses jeunes émules au délicieux "Calembook" qu'il tient sur sa page Facebook, recueil quotidien de jeux de mots et calembours poétiques.