Mort de Krisztina Rády, l'ex-épouse de Bertrand Cantat : le parquet effectue des vérifications

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/06/2018 à 10H53, publié le 03/06/2018 à 14H44
Bertrand Cantat en 2014

Bertrand Cantat en 2014

© Getty Images (Erick James / Contributeur)

La procureure de Bordeaux a confirmé lundi que l'enquête avait été rouverte sur le suicide de l'ex-épouse de Bertrand Cantat pour vérifier "des éléments" transmis par la présidente d'une association féministe, précisant cependant qu'elle ne devrait pas "remettre en question" les premières conclusions qui avaient mis hors de cause le chanteur.

"J'ai reçu une plainte de la part de la présidente de l'association Femme et Libre (Yael Mellul, ndlr). Il y a des éléments qu'il va falloir vérifier mais ça ne devrait pas remettre en question la première enquête qui a déjà eu lieu et qui avait donné lieu à un classement sans suite pour absence d'infraction", a indiqué à l'AFP la procureure de la République de Bordeaux, Marie-Madeleine Alliot.
 
L'avocat de Bertrand Cantat, Me Antonin Lévy, avait déclaré dimanche que le chanteur demandait à être entendu par la justice, réagissant à des informations du Journal du dimanche, qui fait état d'une nouvelle plainte contre lui. "Bertrand Cantat demande depuis des semaines à être enfin entendu. Cette énième plainte est fondée sur des mensonges et sera classée sans suite, comme toutes les précédentes", a réagi Antonin Lévy. "Même la famille de Krisztina, pourtant première concernée, ne soutient pas cet acharnement", a souligné l'avocat de l'ex-leader de Noir Désir, parlant de "non-événement". 
 
Le parquet de Bordeaux n'a pu être joint dimanche à ce sujet.

Les investigations avaient conclu au suicide

Bertrand Cantat, qui doit se produire le 7 juin au Zénith, n'en a pas fini avec la justice, selon le Journal du Dimanche. Le chanteur, condamné en 2004 en Lituanie à huit ans de prison pour les coups mortels portés à sa compagne Marie Trintignant, avait été blanchi de toute responsabilité dans le décès en 2010 de son ex-femme Krisztina Rády, "les investigations ayant conclu au suicide", rappelle l'hebdomadaire dominical.
 
Mais Yael Mellul, qui a été l'avocate du compagnon de Krisztina Rády, a dénoncé en janvier au parquet de Bordeaux le rôle que pourraient avoir joué les violences physiques et les pressions psychologiques de Bertrand Cantat dans ce suicide, révèle le Journal du Dimanche. "A l'issue de l'audition, les enquêteurs m'ont proposé de déposer plainte, ce que j'ai fait contre Bertrand Cantat pour 'violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner'", déclare-t-elle dans ses colonnes.

Elle a précisé avoir été entendue par la police le 23 mai et, à l'issue de cette audition, avoir porté plainte, comme une première fois en 2014, pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Selon Yaël Mellul, les éléments nouveaux transmis au parquet de Bordeaux sont des messages qu'elle a échangés sur internet avec "la compagne d'un ancien membre de Noir Désir", corroborant selon elle de précédentes accusations de violences rapportées par le magazine Le Point en novembre 2017. L'hebdomadaire s'appuyait notamment sur le témoignage anonyme d'un "membre de Noir Désir". Bertrand Cantat et les trois autres membres du groupe avaient catégoriquement démenti les affirmations de ce témoin. "Je compte aujourd'hui sur le courage des anciens membres de Noir Désir (...) Cela fait tellement d'années qu'il y a cette omerta autour de Bertrand Cantat que, peut-être, le moment est venu de briser cette omerta", a jugé Mme Mellul.

Pressions sur la carrière du chanteur

Un rebondissement judiciaire qui pourrait peser encore sur la carrière de Bertrand Cantat : le chanteur a dû renoncer aux festivals d'été et a vu ses concerts annulés à l'Olympia en raison d'une contestation grandissante. L'Olympia a fait état de "risques sérieux de trouble à l'ordre public" pour annuler deux concerts, à la satisfaction de militantes féministes qui appelaient à un rassemblement devant la salle parisienne.
 
La pression s'est intensifiée autour de sa tournée, certains estimant qu'il ne doit plus se produire en public, comme Nadine Trintignant, la mère de Marie Trintignant. Ses défenseurs estiment au contraire que chacun est libre d'assister ou pas à ses concerts.
 
Quant à l'intéressé, il revendique son "droit à la réinsertion" et dénonce une "censure". Il est en concert lundi 4 et mardi 5 juin à Nantes, où un collectif féministe appelle à un rassemblement "pour l'annulation", selon Ouest-France.