Cinq machines à danser à découvrir aux Trans Musicales 2017

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Publié le 27/11/2017 à 17H36
Sugar Bones et Janet Planet de Confidence Man ont le déhanché facile.

Sugar Bones et Janet Planet de Confidence Man ont le déhanché facile.

© Schall & Schnabel / Saisie écran clip "Better Sit Down Boy"

Parmi les quelque 90 formations à l'affiche des Trans Musicales cette année, du jeudi 7 au samedi 9 décembre, nous avons déniché cinq machines à danser à ne pas louper : Kiddy Smile, Confidence Man, Tchegue, Lakuta et Ghetto Kumbé. Attention, chez eux, danser n'est jamais synonyme de décervelé : chacun à leur niveau, ces cinq groupes ont, en supplément, un message à faire passer.

1.
KIDDY SMILE

Figure du voguing en France et de la scène ballroom parisienne, qui, autour de compétitions de danse, cultive un art de vivre permettant à "des jeunes gens de la communauté LGBT d’exprimer leurs talents", Kiddy Smile promet de ne pas passer inaperçu aux Trans Musicales. Toujours vêtu de tenues stylées flamboyantes, ce grand gaillard noir d’1,98 mètre a grandi dans une cité proche de Rambouillet et a fait ses preuves sur la piste de danse hip hop dès l’adolescence. Après avoir découvert la musique électronique via feu Dj Medhi, producteur de l’album "Les Princes de la ville" du 113, c’est dans la house music proche des origines, celle de Frankie Knuckles, qu’il s’est finalement trouvé. Dj, producteur, chanteur, performeur, Kiddy Smile est l'auteur du tube "Let The Bitch Know" il y a 18 mois, avec son clip de tous les dangers réalisé au coeur d'une cité. Ce trentenaire a prévu pour les Trans Musicales une création originale avec des danseurs qui devrait préfigurer son premier album à paraître l’an prochain.
Quand ? Jeudi 7 décembre - Hall 8 - 1h45 à 02h35
Site : Facebook de Kiddy Smile

2.
CONFIDENCE MAN

Imaginez des B52's modernes mâtinés d'une pointe de Louisahhh avec une grosse patate à la Deee-Lite. Ces Australiens originaires de Brisbane le disent eux mêmes : ils font de la "fun music". Et c’est d’ailleurs pour s’amuser que ces anciens co-locataires ont commencé à jouer ensemble. Le décollage a été fulgurant: deux semaines après avoir posté leur premier single, ils étaient signés sur le label anglais Heavenly Records (Baxter Dury, Temples…). A l’écoute, ils démangent déjà les hanches mais sur scène, le quatuor de Confidence Man a l'air de déménager. La chanteuse Janet Planet, une jolie blonde en nuisette à la gestuelle lascive, est entourée aux chœurs de Sugar Bones, un "homme objet" revendiqué qui danse façon aerobic généralement en slip, et de deux musiciens (synthés, batterie) voilés de noir qui ne manquent pas de faire leur petit effet (ces voiles servaient à l’origine à préserver leur anonymat car ils évoluaient dans d’autres formations). Un groupe féministe sans en avoir l'air...
Quand ? Samedi 9 décembre - 1h30 à 2h15 - Parc Expo Hall 9
Site : Confidenceman.com

3.
TSHEGUE

Tshegue c’est Faty (elle) et Dakou (lui). Une chanteuse grandie en musique à Kinshasa (RD Congo) jusqu’à ses 9 ans, et un percussionniste français qui a vécu à Cuba. Un duo ravageur. Ultra énergique et éclectique, leur musique que l’on peut qualifier pour aller vite d’afro-punk, ne s’interdit rien et mêle toutes leurs influences dans une même centrifugeuse : le rock, le hip hop, les rythmes afros et latinos, la techno. Sur "Survivor", leur premier EP sorti début juin, ce métissage est propulsé par des rythmiques répétitives susceptibles de provoquer une ivresse proche de la transe. Faty, qui chante dans un sabir piochant dans le lingala (Congo), le français, l’anglais et un vocabulaire imaginaire, souhaiterait faire accéder l’auditeur à une forme de spiritualité. Les secousses de Tshegue parlent sans doute plus aux hanches qu’à la tête mais elles déverrouillent assurément les chakras.
Quand ? Samedi 9 décembre - Parc Expo Hall 8 - 2h10 à 3h00 du matin
Site : Facebook.com/tshegue

4.
LAKUTA

Encore un groupe au métissage explosif. Basé à Brighton (G-B), Lakuta, qui signifie "rencontrer, partager" en swahili, est composé de 8 chanteurs et musiciens venus d’Afrique, d’Europe et de Malaisie. Ils proposent un groove plus classiquement jazzy soul mais sans frontières, réunissant kora, saxo et guitare flamenca (Changanya), à base de rythmes latinos ou afrobeat comme sur l’irrésistible "Bata Boy" ci dessous, acclamé par Laurent Garnier. L’énergie du groupe, la rutilance des cuivres et la voix de diva soul de la chanteuse Siggi Mwasote ont tendance à faire oublier le message que porte aussi la formation dont le premier album sorti en 2016 s’intitule "Brothers and sisters": l’humanité est une,  la division est une illusion, traitons nous bien les uns les autres, en frères et soeurs. Et respectons les droits de la communauté LGBT. "Bata Boy" ne parle que de cela.
Quand ? Jeudi 7 décembre - Parc Expo Hall 3 - 01h05 à 2h05
Site : lakuta.co.uk

5.
GHETTO KUMBE

Ce groupe se présente comme un voyage musical, une plongée dans les racines musicales colombiennes, celles des rythmes afro-caribéens, couplés à des beats house. Ghetto Kumbé est constitué de trois membres : deux percussionnistes et un bidouilleur électronique (mixes, samples), au look de tribu africaine futuriste. Leur idée est de ne surtout pas tomber dans les formats pop mais de se rapprocher à la fois de la transe afro originelle et de l'artisanat des musiques électroniques. Ghetto Kumbé parle mmédiatement au corps : les rythmes sont très en avant. Les voix sont minoritaires, mais quand elles sont là c'est pour faire passer un message sur tout ce qui leur déplaît en Colombie.
Quand ? jeudi  décembre - Parc Expo Hall 4 (Green Room) - 01h à 02h00
Site : Facebook.com/GhettoKumbe


Culturebox est à nouveau aux Trans Musicales cette année et retransmet en direct (et en replay) de très nombreux concerts. 
Voir la programmation complète des 39e Trans Musicales