Téléphone reformé pour un soir... sans Corine

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 12/12/2013 à 14H47, publié le 12/12/2013 à 11H46
Reformation partielle de Téléphone au Bus Palladium le 10 décembre 2013 (Louis Bertignac à gauche, Jean-Louis Aubert à droite).

Reformation partielle de Téléphone au Bus Palladium le 10 décembre 2013 (Louis Bertignac à gauche, Jean-Louis Aubert à droite).

© Saisie écran

C'était Noël avant l'heure mardi soir (10 décembre 2013) au Bus Palladium (Paris). Au départ, c'était une petite soirée entre potes sans prétention organisée par l'animateur Philippe Dana (ex-Canal+, Le Mouv), habitué des lieux. Sauf que le groupe Téléphone s'y est reformé presque au complet sur scène, créant l'évènement, à la surprise de la centaine d'invités présents.

Axel Bauer en remplacement de Corine
Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac et Richard Kolinka sont montés au fur et à mesure sur scène. Seule la bassiste historique du groupe, Corine Marienneau, en froid avec ses anciens complices et persona non grata depuis nombre d'années, n'était pas de la partie. Elle était remplacée par Axel Bauer.

La soirée avait débuté tranquillement vers 20h, plusieurs jeunes groupes se succédant sur scène. Puis vint Christophe et ses "Mots Bleus", seul au piano, nous raconte un témoin, Denis Vincendeau. "C'était à la bonne franquette et je crois vraiment que c'était improvisé", ajoute-t-il.

C'est lorsque Axel Bauer est monté sur scène flanqué de Jean-Louis Aubert à la batterie et de Louis Bertignac à la basse que l'assistance a commencé à espérer un cadeau. "A un moment donné, j'avais surpris Philippe Dana disant à Aubert "Monte sur scène !", ce à quoi il lui avait répondu "moi, je ne veux pas chanter", se souvient notre témoin. 

Pourtant, lorsqu'Axel Bauer a eu chanté ses deux tubes,  "Cargo de nuit" et "Eteins la lumière", Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac ont chacun empoigné une guitare, Kolinka s'est glissé derrière les fûts et c'était parti pour "La Bombe Humaine" en ouverture d'un concert fiévreux de 45 minutes.
Sur les vidéos postées sur Facebook et sur Youtube (ci-dessus) on voit l'émotion et l'air éberlué de l'assistance, ainsi que la complicité des musiciens. On perçoit également la ferveur du public, qui, la surprise passée, reprend les paroles en choeur.

Des musiciens complices jouant à l'unisson
"Ce premier morceau, La Bombe humaine, ils l'ont joué parfaitement", raconte Denis Vincendeau , "ils m'ont scotché. Franchement, ils sont bons. Je ne sais pas depuis quand ils n'avaient pas joué ensemble mais ils étaient à l'unisson. Par exemple, sur "Hygiaphone", qu'ils ont débuté blues avant d'accélérer à mi-parcours, c'était vraiment impeccable". 

Le groupe a joué d'autres inusables de son répertoire, dont "Flipper", "Ca c'est vraiment toi" et "New York avec toi", terminant sur "Un autre monde". Ils ont aussi repris "Purple Haze" de Jimi Hendrix avec Bertignac au micro, "Something" de George Harrison (sur Abbey Road des Beatles) et "Whola Lotta Love" de Led Zeppelin interprété par "un grand chanteur frisé".

"Ca avait un côté irréel de les voir jouer d'aussi près, mais ce qui m'a le plus halluciné c'est la complicité des trois ensemble, le fait qu'ils étaient super souriants", rapporte encore Denis Vincendeau.

"Téléphone est toujours un bon groupe de rock mais j'avais oublié à quel point Kolinka était bon : c'est vraiment le Keith Moon français. Pourtant, même s'il fait dix ans de moins que son âge, je pense que la tournée des stades de Téléphone, c'est maintenant ou jamais. Pas dans dix ans !" Faites passer le message...

L'impossible reformation au complet
Les tentatives de recoller les morceaux de ce groupe de rock phare des années 80 en France n'ont pas manqué ces dernières années. D'autant qu'une reformation scénique serait forcément très lucrative.

L'an dernier, M Le Magazine du Monde avait publié le fruit d'une longue enquête dans laquelle il apparaissait notamment que Corine n'était plus la bienvenue. Ses anciens complices n'auraient pas digéré son livre de souvenirs, "Le Fil du temps", paru en 2006 chez Flammarion, dans lequel elle disait "sa" vérité et ne ménageait pas ses anciens complices.

En 2009, l'ancienne bassiste de Téléphone avait écrit à ses anciens acolytes , se disant "disponible pour des retrouvailles et pour une reformation éventuelles".  Sans réponse, elle avait réitèré sa missive en août 2010, au moment où les rumeurs de stade de France étaient à leur paroxysme.

Elle se disait prête à remonter sur scène et préconisait de mettre "nos indéniables différences de point de vue en sommeil afin que ces concerts soient une vraie fête pour le public." Elle n'avait récolté une fois encore que le silence.
 Les autres membres du groupe lui auraient alors proposé un dédommagement à hauteur de 200.000 euros pour ne pas participer à la reformation.