Roger Waters, ex-Pink Floyd, redonne vie à "The Wall" à Berlin

Par @Culturebox
Mis à jour le 05/09/2013 à 10H25, publié le 05/09/2013 à 10H16
Roger Waters au Stade olympique de Berlin (4 septembre 2013)

Roger Waters au Stade olympique de Berlin (4 septembre 2013)

© Odd Andersen / AFP

À quelques jours du Stade de France, le temps d'un concert dans la capitale allemande, mercredi soir, Roger Waters a rejoué "The Wall", une oeuvre rock de 1979 dont il est l'un des principaux créateurs.

L'ex-bassiste et membre fondateur du légendaire groupe britannique, qui fête ses 70 ans vendredi, a électrisé un stade olympique aux deux tiers plein, ravi de retrouver l'artiste après pas loin d'un quart de siècle. En 1990, Roger Waters était venu à Berlin pour célébrer la chute du Mur sur Potsdamer Platz, dans le centre de la capitale allemande, lors d'un concert événement.

"The Wall", une résonnance biographique et historique
L'oeuvre, qui fait écho à la vie de Waters, et notamment au traumatisme de la mort de son père pendant la Seconde guerre mondiale, a pris une résonnance particulière dans ce stade construit par les nazis pour les Jeux Olympiques de 1936. "The Wall" utilise, entre autres, l'imaginaire du national-socialisme, Waters arborant dans certains tableaux du spectacle, un imperméable de cuir noir, agrémenté d'un brassard rouge et blanc, frappé d'un insigne noir.
Roger Waters : "Comfortably Numb", extrait de "The Wall", à Berlin (4 septembre) - vidéo amateur
Mais le show se veut une dénonciation globale de la guerre et de ses ravages. "Je suis vraiment très heureux d'être ici ce soir", a lancé en allemand l'artiste au public. "Je veux rendre hommage à la famille de Jean-Charles de Menezes, à son combat pour la liberté et la justice", a-t-il ajouté, toujours en allemand. Jean-Charles de Menezes a été tué par la police londonienne de plusieurs balles dans la tête, au lendemain des attentats islamistes de Londres, en juillet 2005.

Hommage à toutes les victimes directes ou collatérales des conflits
Les victimes directes ou collatérales des guerres des 20e et 21e siècles, en Europe, au Moyen-Orient ou ailleurs, sont constamment évoquées, tout au long de ce spectacle de près de deux heures.

La veille du concert, Roger Waters s'était rendu aux abords d'"East side Gallery", le plus long tronçon du Mur encore visible à Berlin. Il y avait exprimé son soutien aux opposants d'un projet immobilier situé à proximité. "Habituellement, je ne suis pas trop connu pour recommander le maintien de murs dans le monde, je suis plutôt de ceux qui cherchent à les abattre mais dans ce cas, je suis extrêmement heureux de faire une exception à cette règle générale", a-t-il déclaré devant quelques dizaines de personnes à l'endroit où une fresque inspirée des dessins de "The Wall" avait été peinte.

"Il doit y avoir des lieux de mémoire pour ce dont nous, en tout cas ceux qui sont assez âgés, avons été témoins durant les jours sombres de la Guerre froide." Après Berlin, Roger Waters doit présenter "The Wall" au Stade de France le 21 septembre...