Mort de J.J. Cale, une légende de la guitare

Par @martelclem
Mis à jour le 27/07/2013 à 15H09, publié le 27/07/2013 à 14H30
J.J. Cale avait 74 ans

J.J. Cale avait 74 ans

© Louis Ramirez/Flickr/CC

Le guitariste et chanteur américain John "JJ" Cale est mort vendredi 26 des suites d'une attaque cardiaque à l'âge de 74 ans. Père du "Tulsa sound", sa musique blues teintée de country a fortement influencé de nombreux artistes, à commencer par Eric Clapton qui a repris nombre de ses titres.

Une légende de la musique s'est éteinte. Le guitariste J.J. Cale, compositeur du célèbre "After Midnight" et inspirateur de très nombreux artistes comme Eric Clapton ou Mark Knopfler est mort à l'hôpital de La Jolla, en Californie où il avait été hospitalisé après une attaque cardiaque.
L'annonce a été confirmée sur le site internet de l'artiste et les réseaux sociaux par un communiqué sobre : "Nous avons perdu un grand artiste et une belle personne aujourd'hui. J.J. Cale est décédé". 
Annonce de la mort de JJ Cale

© Capture d'écran/ Facebook
Sauvé de l'oubli par Clapton
Fils le plus célèbre de Tulsa, en Oklahoma, John Weldon Cale nait en 1938 dans cet Etat rural du centre de l'Amérique. Il entame sa carrière vingt ans plus tard, sous le nom de "Johnny Cale". "J.J.", surnom sous lequel il fera toute sa carrière, lui sera donné par le patron d'un cabaret, afin de le distinguer de son homonyme John Cale, membre du Velvet Underground.

Sa carrière débute dans un relatif anonymat, et il parvient à la célébrité en 1970, après qu'un certain Eric Clapton reprend son titre "After Midnight" dans un album. J.J Cale avait écrit ce morceau dans les années 1960, et nul ne semblait alors l'avoir remarqué, du coup le guitariste était reparti à Tulsa "jouer avec des amis".

Dans les années 1970 et 1980, son jeu, connu sous le nom de "Tulsa sound" inspire les plus grands de l'époque, comme le chanteur et guitariste de Dire Straits, Mark Knopfler. Initiateur du jeu dit "laid back", J.J Cale est inspiré et très décontracté sur sa guitare. Mais il n'en est pas moins extrêmement exigeant, et signe des succès tels que "Cocaine" ou "Travellin' Light".
Pionnier de la musique
Modeste jusqu'au bout, J.J Cale refusa toute sa carrière le statut de légende que lui conféraient ses confrères. "Au fond, je ne suis qu'un guitariste qui s'est rendu compte qu'il n'allait même pas pouvoir se payer un repas en jouant de la guitare, donc je me suis mis à composer des chansons, ce qui rapporte un peu plus", confessait-il.

Musicien touche-à-tout, le natif de l'Oklahoma expérimenta toute sa vie les styles et les possibilités offertes par la technologie. Guitariste, songwriter, chanteur, ingénieur son, technicien, J.J Cale fut tout ça, il lança le "do it yourself" à une période où cet acronyme "DIY" n'existait pas.
Si aujourd'hui, le fait que certains artistes jouent l'intégralité des instruments sur leurs titres semble ordinaire, quand Cale enregistra tout seul "Cocaine" ou se servit d'une batterie électronique pour son premier album, en 1971, c'était une révolution. Que Cale esquivait d'une pirouette, expliquant plus tard qu'il "n'avait pas assez d'argent pour payer un groupe pour l'accompagner".

Le "maître" est Cale
"Avant de mourir, j'aimerais faire un album à la J.J Cale, et quoi de mieux que de le faire avec lui". Ce bel hommage lui est rendu par Eric Clapton avant l'enregistrement par les deux artistes de "Road to Escondido" en 2006. Le "maître" Cale, surnom que lui donne Clapton, signe la grande majorité des titres de cet opus.

Laissant une oeuvre riche de seize albums studio, dont le chef d'oeuvre "Troubadour" (1976), le guitariste a sorti son ultime oeuvre "Roll On" en 2009. Après plus de cinquante ans de carrière, un pionnier de la musique contemporaine vient de s'éteindre. S'il était encore là, on peut être sûr que J.J Cale empoignerait sa guitare et entonnerait, de sa voix inimitable : "Don't cry sister cry, everything'll be just fine".
 
Retrouvez l'histoire de la vie de J.J. Cale dans le documentaire "To Tulsa and Back".