Les Pussy Riot rejettent la réélection de Poutine

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 19/03/2018 à 20H57
Nadia Tolokonnikova des Pussy Riot sur la scène d'un festival de musique à Mexico city, dimanche 18 mars 2018.

Nadia Tolokonnikova des Pussy Riot sur la scène d'un festival de musique à Mexico city, dimanche 18 mars 2018.

© Christian Palma/AP/SIPA

Le groupe contestataire russe féminin Pussy Riot rejette la réélection de Vladimir Poutine en Russie. Les punks féministes l'ont dit dimanche sur scène au Mexique, où elles participaient à un festival de musique. Alors que se déroulaient les élections russes, elles ont publié le même jour une nouvelle chanson baptisée "Elections".

"Nous allons nous battre"

"Vladimir Poutine vient de remporter les élections pour la quatrième fois. Nous avons créé ce groupe car nous ne le voulions pas comme président, et cela s'est transformé ensuite en un mouvement international. D'ailleurs, chacune peut devenir une Pussy Riot, vous toutes pouvez être des Pussy Riot", a déclaré dimanche soir sur scène Nadejda Tolokonnikova, leader du groupe punk contestataire.

Peu avant de monter sur la scène du festival Vive Latino à Mexico, le groupe cagoulé avait lancé son dernier single intitulé "Elections", pour "protester contre 18 ans de pouvoir Poutine". Les paroles disent notamment "Six ans, nous allons nous battre/ Nous n'allons pas obéir durant ce mandat". Vladimir Poutine a été réélu dimanche pour un quatrième mandat à la tête de la Russie avec 76,6 % des voix.

Que nous ont apporté 18 ans de Poutine ?

"Que nous ont apporté 18 ans de pouvoir Poutine ?", demandent-elles dans le communiqué accompagnant leur nouvelle chanson protestataire. "Arrestations, empoisonnements, tortures, meurtres d'activistes politiques. Une corruption institutionnelle qui est ENORME. Une érosion totale des institutions démocratiques. D'immenses inégalités économiques. Une détérioration des conditions d'emprisonnement. Une catastrophe environnementale dans de nombreuses régions industrielles de Russie. La censure partout - dans les médias, l'éducation, internet, dans les têtes. L'auto-censure, causée par la peur. Vous ne devriez pas être déçus, cet évènement du 18 mars ne sont pas des élections. Falsifications, éliminations d'opposants politiques, les médias contrôlés par le Kremlin ne laissent aucune chance à quiconque excepté Poutine."
 
Sur scène, le groupe a également dénoncé la vague de féminicides qui secoue le Mexique, où, selon l'ONU, 7,5 femmes sont tuées chaque jour.

Les Pussy Riot, trois jeunes femmes accompagnées parfois d'un groupe d'activistes plus large, sont connues depuis qu'en 2012, année de la précédente élection présidentielle russe, elles avaient été arrêtées pour avoir "profané" la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou au cours d'une "prière punk" qui critiquait ouvertement le président russe.

Leur condamnation à deux ans de camp de travail pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse" avait provoqué une vague de protestation dans les pays occidentaux. Deux d'entre elles ont effectué la quasi-totalité de leur peine avant d'être amnistiées fin 2013 par Vladimir Poutine à la veille des JO de Sotchi.