Le retour de Bowie : son producteur Tony Visconti raconte

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 10/01/2013 à 09H39, publié le 09/01/2013 à 20H39
David Bowie en juin 2007 à New York.

David Bowie en juin 2007 à New York.

© Stephen Chernin /AP/Sipa

David Bowie a surpris son monde mardi, jour de ses 66 ans, en annonçant la sortie d'un nouvel album à paraître en mars et en dévoilant sa première chanson en dix ans. En attendant que le Thin White Duke sorte véritablement de son silence et reprenne langue avec la presse, son fidèle producteur et ami Tony Visconti a raconté mardi à la BBC les coulisses de ce retour.

Un album rock et un premier single peu représentatif ?
Première information d'importance à retenir de cet entretien à la BBC : l'album promis pour le 11 mars, "The Next Day", est selon lui un disque rock.

Il s'étonne d'ailleurs du choix de Bowie pour son premier single car "Where Are We Now ?" (ci-dessous), une ballade nostalgique et poignante dans laquelle il évoque son séjour à Berlin à la fin des années 70,  n'est selon lui pas représentatif de la teneur de l'album. A noter le son de cloche un peu différent de l'auteur de la pochette de l'album en fin d'article.

"C'est un morceau très réfléchi", explique Visconti, "peut-être le seul morceau de l'album aussi introspectif. C'est plutôt un album rock pour les autres chansons alors je me suis dit "pourquoi David sort-il cette ballade lente et néanmoins belle ? Pourquoi fait-il cela ? Il aurait pu sortir une bombe. Mais il est seul maître à bord. Et finalement je pense que c'est très intelligent de sa part de relier le passé au futur . Mais la prochaine chose que vous entendrez de lui sera très différente". 

Le travail s'est étalé sur deux ans
Toujours selon Visconti, le processus créatif a pris deux ans. "J'ai écouté ce disque au casque, dans les rues de New York, ces deux dernières années. Et je ne me suis lassé d'aucune chanson." 

"Les gens qui espèrent le Bowie classique le trouveront sur cet album. Et ceux qui aiment le Bowie novateur, les nouvelles directions, trouveront également leur bonheur sur ce disque".
 
Rien n'a changé dans la façon de travailler de Bowie et son producteur. Ils ont comme toujours avancé à leur rythme. "Nous n'avons jamais passé plus de deux à trois semaines par session d'enregistrement. Et puis nous laissions passer deux mois", se souvient-il. "Je travaille toujours avec lui de la même façon depuis "The Man Who Sold The World" (album sorti en 1970). Il n'a pas vraiment changé dans son approche". 
 
Un Bowie en pleine forme
Enfin, Tony Visconti tord le cou aux rumeurs de problèmes de santé qui ont couru durant les longues années d'absence de Bowie. "C'est un homme en très bonne santé. Je vous assure. Il a les joues roses. Il sourit tout le temps. Durant l'enregistrement, il souriait tout le temps. Il était tellement heureux d'être de retour en studio."

"Je me souviens qu'il a toujours chanté très fort. Quand il commence à chanter, je dois m'éloigner, changer de pièce pour le laisser en face du micro. Aujourd'hui, il a toujours cette puissance dans sa poitrine, dans sa voix", assure Visconti. La question qui brûle maintenant les lèvres de tout le monde : Bowie reviendra-t-il sur scène défendre son nouvel album ? Sur ce point, le mystère reste entier.
La pochette de l'album "The Next Day" de David Bowie revisite celle de "Heroes".

La pochette de l'album "The Next Day" de David Bowie revisite celle de "Heroes".

© Droits réservés
L'auteur de la pochette de l'album s'explique
Par ailleurs, Jonathan Barnbrook, l'auteur de la pochette énigmatique de l'album à venir (ci-dessus), qui reprend celle de "Heroes", donne quelques précisions sur son blog. "Dans un domaine où tout a déjà été fait, nous souhaitions faire quelque chose de neuf", explique-t-il à la question de savoir pourquoi il a revisité une vieille pochette.

"La pochette de "Heroes" recouverte d'un carré blanc représente l'esprit de la bonne pop ou rock music qui est "du moment", oubliant ou oblitérant le passé", analyse-t-il. "Toutefois, nous savons que ce n'est quasiment jamais le cas, même si nous nous y efforçons, nous ne pouvons rompre avec le passé".

A l'inverse de Tony Visconti, Jonathan Barnbrook décrit l'album comme "très contemplatif".  Il explique le choix de la pochette de "Heroes" par le fait qu'elle correspond bien à cet état d'esprit. "La chanson "Where Are We Now ?" est une comparaison entre le Berlin de l'époque de la chute du mur et le Berlin d'aujourd'hui", précise-t-il encore.