Le pionnier du rock'n'roll Fats Domino est mort

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/10/2017 à 15H13, publié le 25/10/2017 à 17H21
Fats Domino (2007)

Fats Domino (2007)

© Richard Drew/AP/SIPA

Fats Domino, chanteur de rhythm and blues, pianiste, et l’un des pionniers du rock dès 1949, interprète immortel de la ballade "Blueberry Hill", est décédé d’un cancer à l’âge de 89 ans. Figure de légende, il trône au paradis des rockers aux côté de Chuck Berry ou Elvis Presley.

Reportage : P.Deschamps, L.Poinsatte

https://videos.francetv.fr/video/NI_1107823@Culture


Gramophone et juke-box

Star internationale, Fats Domino fut l’artiste afro-américain qui a vendu le plus de disques dans les années 50-60. Il a notamment inspiré plus d’un titre à Elvis Presley ou Paul MCartney. 

D’origine créole, né le 26 février 1928 à la Nouvelle-Orléans au sein d’une famille d’esclaves dans une plantation de cannes-à-sucre, de son vrai nom Antoine Dominique Domino, Fats Domino été élevé en anglais, alors que la langue d’origine de ses parents était le français.
Fats Domino - Blueberry Hill
Très tôt sensible à la musique, il est bercé tout jeune par le blues et le jazz qu’écoutent sa famille sur un antique gramophone. Ses parents héritent d’un vieux piano qui deviendra son instrument de prédilection, après avoir reçu quelques leçons rudimentaires par son oncle. Mais c’est en écoutant le juke-box du quartier qu’il s’initie au boogie en écoutant Amos Milburn, Louis Jordan ou Pete Johnson. Il tourne dès l’âge de 14 ans dans les boîtes du coin, où il rencontre le saxophoniste Robert Buddy Hagan qui ne le quittera plus pendant 25 ans.

En route pour la gloire

C’est au cours de ces premières années que le bassiste Billy Diamond le présente sous le nom de Fats Domino, pour sa corpulence et en le comparant au célèbre pianiste de jazz Fats Waller. Rejoignant d’abord le groupe de Diamond, il attire les foules avec sa propre formation à parti de l’âge de 21 ans.

Sa route croise celle de l’agent Dave Bartholomew qui le prend sous son aile en 1949 et va le propulser au rang de star. Ils arrangent ensemble le classique "The Junker’s Blues" en changeant les paroles et la mélodie pour en faire "The Fat Man" qui donnera les bases rythmiques et harmoniques du rock’n’roll : le succès est au rendez-vous. Il apparaît même en 1951 dans une publicité pour une bière au cinéma, ce qui va encore plus le propulser sur le devant de la scène.

Parmi ses nombreux tubes des années 1950, on peut citer "Goin'Home" qui, en 1952, devient numéro un au palmarès rhythm'n'blues et entre aussi dans le classement pop, puis "Ain't that a Shame" suivi de "I'm Walkin'", "All by Myself" et "Poor Me", vedettes des juke-boxes.

Interrogé en 1957 sur les réactions très hostiles que suscitait parfois le rock'n'roll aux Etats-Unis, considéré par certains comme un genre décadant, il répondait "Autant que je sache, la musique rend les gens heureux. Je sais que moi, elle me rend heureux".

"Véritable roi du rock'n'roll"

En 1986, Fats Domino est classé officiellement parmi les dix plus grands artistes de rock'n'roll avec notamment Elvis Presley, Ray Charles, Chuck Berry, Little Richard, James Brown. En décembre 1987, il reçoit un Grammy Award - prestigieuse récompense américaine de la musique - pour l'ensemble de sa carrière, aux côtés de B.B.King et de Ray Charles.

En 1995, l'Europe l'acclame lors d'une tournée avec Ray Charles et Little Richard mais une pneumonie lui fait perdre sa voix et il doit regagner les Etats-Unis prématurément. Trois ans plus tard, le président Bill Clinton lui décerne la médaille nationale des Arts.

Lors de l'ouragan Katrina qui a laminé La Nouvelle-Orléans et fait plus de 1.800 morts en août 2005, Fats Domino et sa famille ont été contraints d'évacuer leur manoir dans son quartier natal du "Low Ninth Ward". Fats et sa femme Rosemary, épousée lorsqu'il avait 19 ans et mère de ses huit enfants, ont alors déménagé de l'autre côté du fleuve Mississippi.

Au printemps 2006, il a sorti son dernier album "Alive and Kickin'" pour aider les musiciens amateurs de la région de La Nouvelle-Orléans. Les disques de Fats Domino se sont écoulés à plus de 65 millions d'exemplaires, selon son site officiel.

Malgré une présence scénique hors norme, Fats Domino était un homme réservé qui fuyait l'attention et les médias. Il avait donné son dernier concert en 2007, à La Nouvelle-Orléans. Elvis Presley avait estimé que Fats Domino "devrait être considéré comme le véritable roi du rock'n'roll".