La Pussy Riot Tolokonnikova transférée dans un camp en Sibérie

Mis à jour le 12/11/2013 à 17H19, publié le 12/11/2013 à 16H26
Nadejda Tolokonnikova, le 26 juillet 2013 au tribunal de Saransk

Nadejda Tolokonnikova, le 26 juillet 2013 au tribunal de Saransk

© STR/AP/SIPA

Alors que les proches de Nadejda Tolokonnikova n'ont pas eu de ses nouvelles depuis le 22 octobre, après qu'elle s'était dite menacée de mort dans son ancien camp, on apprend que la jeune femme a été transférée dans un camp en Sibérie.

Nadejda Tolokonnikova, l'une des deux jeunes femmes emprisonnées du groupe contestataire russe Pussy Riot, est arrivée dans un nouveau camp de travail, situé en Sibérie a annoncé mardi le délégué russe pour les droits de l'homme, Vladimir Loukine.

"Tolokonnikova est arrivée dans la région de Krasnoïarsk (Sibérie orientale) où elle va purger le reste de sa peine", a déclaré M. Loukine à l'agence de presse Interfax, citant des responsables des services pénitentiaires russes et du ministère de la Justice. "Comme on m'a dit, elle se trouve actuellement à l'hôpital du camp", a-t-il indiqué, précisant que la jeune femme l'avait elle-même demandé.

"Nous allons examiner un peu plus tard ses conditions de détention. Mais en général, les conditions de détention dans les camps de la région sont tout à fait supportables", a poursuivi M. Loukine, cité par Interfax. Les avocats et les proches de Mme Tolokonnikova doivent être informés de son nouveau lieu de détention "dans les prochains jours", a-t-il ajouté. 

La semaine dernière Piotr Verzilov, le mari de Mme Tolokonnikova avait affirmé qu'elle serait "exilée au fond de la Sibérie", dans la localité de Nijni Ingach, dans la région de Krasnoïarsk à 4.400 kilomètres de Moscou.   
 
Pour contribuer à sa resocialisation...

La décision de la transférer a été prise fin octobre "parce que Tolokonnikova est originaire de la région de Krasnoïarsk, elle est enregistrée à Norilsk (nord de la région de Krasnoïarsk), et purger sa peine dans cette région contribuerait à sa resocialisation", a expliqué M. Loukine. Son mari et sa fille vivent pourtant à Moscou.  

Nadejda Tolokonnikova, 24 ans, a demandé le transfert dans un autre établissement après s'être dite menacée de mort et avoir entamé une grève de la faim dans son ancien établissement pénitentiaire en Mordovie, à 600 kilomètres à l'est de Moscou.

Aux termes de la législation russe, la famille de Mme Tolokonnikova doit être informée de son nouveau lieu de détention "au plus tard 10 jours après son arrivée à cet endroit". 

Nadejda Tolokonnikova purge avec une autre jeune femme une peine de deux ans de camp pour avoir chanté début 2012 une "prière punk" contre le président russe Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.

Tous les recours ont jusqu'à présent été rejetés par la justice russe, les jeunes femmes, toutes deux mères d'un enfant en bas âge, ayant refusé de reconnaître leur culpabilité.