Indochine : Xavier Dolan défend son clip et dénonce un débat chimérique

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/05/2013 à 17H06, publié le 03/05/2013 à 10H55
Le réalisateur québécois Xavier Dolan à Cannes en mai 2012

Le réalisateur québécois Xavier Dolan à Cannes en mai 2012

© François Mori / AP / SIPA

Xavier Dolan, le réalisateur québécois du clip choc du nouveau single d’Indochine, a dénoncé ce qu’il estime être un "débat chimérique" après l’annonce d’une possible interdiction de la vidéo aux moins de 16 ans sur les antennes françaises. Au Québec, la première chaîne musicale a décidé de ne pas diffuser le clip.

En présentant des images violentes, qui montrent un jeune adolescent se faire harceler, brutaliser, crucifier puis exécuter par ses camarades en raison de son homosexualité, "on a voulu envoyer une alerte à la jeunesse", a expliqué le réalisateur de 24 ans, révélé en 2009 à Cannes avec "J'ai tué ma mère".
 
Interrogé sur une éventuelle interdiction du clip aux moins de 16 ans, voire aux moins de 18 ans, par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), il a jugé qu'il s'agissait d'un "débat chimérique qui sert à justifier l'autorité d'un comité investi d'une responsabilité sur la jeunesse".
 
Une violence pas pire que celle des clips musicaux ?
"On voulait envoyer aux jeunes une illustration logique et concrète de la violence dont ils sont victimes, acteurs ou observateurs", a-t-il expliqué. La lutte contre le harcèlement à l'école doit se faire avec "des méthodes plus radicales que des clips publicitaires de 30 secondes" que personne ne regarde, a estimé le Montréalais.
 
Surtout, la violence dénoncée n'est pas pire que celle projetée sur les chaînes musicales avec des clips mettant en scène "des filles en train de se verser de la vodka entre les seins, enduites d'huiles, en se faisant traiter de salopes par les chanteurs", a-t-il poursuivi. "Si l'on comparait la violence distillée par les manifestations (contre le mariage des personnes de même sexe, NDLR) et celle de mon clip, mon clip est un conte pour enfants", a en outre estimé Xavier Dolan.
 
Xavier Dolan va écrire au CSA et au gouvernement
Françoise Laborde, qui préside le groupe de travail sur la jeunesse et la protection des mineurs du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), a dit jeudi envisager "au minimum une interdiction aux moins de 16 ans et peut-être une aux moins de 18 ans".
 
Face à la polémique soulevée, "j'adresserai une lettre à Mme Laborde et au gouvernement d'ici demain (vendredi) pour essayer d'expliquer ma position et essayer de mettre en lumière mon geste", a précisé Xavier Dolan. Pour le réalisateur, en empêchant de diffuser la vidéo, les autorités  françaises "enfilent le bandeau que les personnages portent" dans le clip, en allégorie de l'aveuglement volontaire de la société face à ces enjeux.

Le clip a été diffusé en avant-première sur le site du Parisien / Aujourd'hui en France.

Au Québec, une chaîne musicale censure le clip
La première chaîne musicale de la télévision québécoise, Musique Plus, a décidé de ne pas diffuser le clip choc du nouveau single d'Indochine, a annoncé vendredi à l'AFP la direction de la société.

Si le débat fait beaucoup moins de vagues dans la province canadienne francophone que dans l'Hexagone, la chaîne Musique Plus a d'ores et déjà tranché: "Nous ne (le) diffuserons pas", a déclaré à l'AFP Guylaine O'Farrell, directrice générale en charge de la communication et du marketing, pointant les "images violentes qu'il présente".