Franz Ferdinand se lâche sur le dancefloor avec l'album "Always Ascending"

Par @Nijikid
Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 09/02/2018 à 12H57, publié le 08/02/2018 à 17H28
Franz Ferdinand : le line-up 2018 passe à cinq membres.

Franz Ferdinand : le line-up 2018 passe à cinq membres.

© Domino Records

Après quinze ans de carrière, Franz Ferdinand tente de nouvelles choses sur son cinquième album studio "Always Ascending". Le groupe écossais cherchait à se réinventer, il se retrouve sur le dancefloor en très bonne compagnie : celle du producteur français Philippe Zdar mais aussi de ses deux nouvelles recrues. Cette petite révolution sous la boule à facettes est une réussite.

Renouvellement de personnel

En 2015 déjà Alex Kapranos et les siens avaient entrepris de casser la routine en s'acoquinant le temps d'un album avec les Sparks sous le nom de FSS. Cette fois ils semblent avoir cherché carrément à se réinventer, et à étonner l'auditeur autant qu'à se surprendre eux-mêmes. Pari gagné : Franz Ferdinand reste ici le même tout en faisant du neuf, une gageure.
 
Enregistré entre Paris et Londres, "Always Ascending" est le premier album de Franz Ferdinand depuis le départ de leur guitariste Nick McCarthy. Celui-ci ayant été remplacé par le démonstratif Dino Bardot, on pouvait s'attendre à une poussée de riffs rock. C'était sans compter avec le Dj, ingénieur du son et producteur Philippe Zdar. 
 
Moitié du duo électronique Cassius, connu pour son travail avec Phoenix, The Rapture et les Beastie Boys notamment, Philippe Zdar convertit les Ecossais à la puissance du groove électro. Il est bien aidé en cela par la nouvelle recrue du groupe, un cinquième élément nommé Julian Corrie (claviers, synthés, guitare) venu lui aussi de la musique électronique et considéré comme un virtuose par Alex Kapranos.

Notre Zdar national fait merveille

Philippe Zdar, avec ses méthodes de jouisseur instinctif à la cool, insuffle à cet album une fraîcheur pétillante et décoince en souplesse les hanches de Franz Ferdinand. Il faut voir le producteur en studio, dans la vidéo 2 du making of de l'album, expliquer que le son du piano sur "Lazy Boy" doit être sale, à la Stooges, et ressembler à la guitare rythmique de (feu) Malcolm Young d'AC/DC, pour comprendre son approche.
 
"C'est un génie !", résume Alex Kapranos à son sujet. "C'est le copain un peu fou avec qui tu traînes en club, (...), le type qui te pousse à faire des choses un peu stupides que tu ne ferais pas d'habitude", souligne-t-il dans Tsugi magazine (décembre/janvier), saluant au passage sa joie et son optimisme communicatifs.
 
La réorganisation du line-up de Franz Ferdinand a sans doute aussi contribué à libérer les énergies. Ce groupe rock british un peu guindé semble avoir saisi l'occasion pour aller se lâcher au centre du dance-floor… Qu'il n'aurait jamais dû quitter puisque l'idée de faire danser était l'intention du groupe dès le départ.

Nouvelle approche de Kapranos au micro

Les dix compositions sont ainsi irriguées d'un sang neuf aux accents house ou disco, mais aussi parfois franchement psychédéliques. De son côté, Alex Kapranos ose de nouvelles choses au micro. Sur le titre d'ouverture "Always Ascending", il pousse sa voix dans les graves du côté d'Iggy, s'approche d'une tendresse caressante qu'on ne lui connaissait pas sur le titre de clôture "Slow Don't Kill me Slow" et s'en va fureter du côté de LCD Soundsystem, saxophone à la James Chance en supplément, sur "Feel The Love Go".
 
Avec cet album, Franz Ferdinand s'offre une cure de jouvence convaincante et une poignée de nouveaux hymnes irrésistibles pour les setlists de ses futurs concerts. Les plus trépidants ont pour nom "Lazy Boy", "Paper Cages", "Feel The Love Go" et bien sûr "Always Ascending", une longue montée jouissive aux accents disco qui, comme son nom l'indique, ne s'arrête jamais. 

"Always Ascending" de Franz Ferdinand (Domino/Sony Music) sort vendredi 15 février 2018

Franz Ferdinand est en concert le 27 février à Paris (Zénith), le 19 mars à Toulouse (Zénith), le 20 mars à Montpellier (Zénith), le 21 mars à Lyon (Amphi 3000), le 23 mars à Rennes (Liberté) et le 24 mars à Caen (Zénith).