Festival Rock en Seine

du 25 au 27 août 2017

Rock en Seine 2018 : Justice, PNL, Charlotte Gainsbourg et Liam Gallagher au programme

Par @Nijikid
Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 14/06/2018 à 11H10, publié le 14/06/2018 à 10H24
Mac Demarco sur la Grande scène dimanche à Rock en Seine 2017.

Mac Demarco sur la Grande scène dimanche à Rock en Seine 2017.

© Gilles Scarella / FTV

Le festival Rock en Seine, prévu cette année du 24 au 26 août et toujours au coeur du Domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), a annoncé 26 nouveaux noms qui viennent finaliser sa programmation. En 2018, les têtes d'affiche auront donc pour nom Justice, PNL, Macklemore, Mike Shinoda (de Linkin' Park), Liam Gallagher et Charlotte Gainsbourg.

Vendredi 24 août

Le groupe de rap PNL sera sans doute la formation la plus attendue au premier jour du festival. On est en effet sans nouvelles des deux frangins des Tarterêts depuis des mois et les fans attendent un successeur à l'album "Dans la Légende" qui avait affolé tous les compteurs à sa sortie en septembre 2016. Entre temps, Ademo et N.O.S ont rempli des arènes (notamment deux Bercy, on y était) et cultivent toujours soigneusemet le mystère en refusant toute interview. Leur nouvel album peut donc surgir à tout moment. Et, peut-être bien, juste avant ou juste après Rock en Seine.

Un autre duo rap, celui des Sud-Africains frappadingues Die Antwoord, déjà vus au festival en 2014 attirera les curieux. Mais pas autant que Mike Shinoda de Linkin Park. Depuis le suicide en juillet 2017 de son complice Chester Bennington, le groupe de "nu metal" Linkin Park n'est plus et Mike Shinoda rumine ses démons. Son premier album solo est attendu courant juin.
Vendredi toujours, on ira applaudir Parcels et leur pop chatoyante et joyeuse, l'espiègle Yelle perdue de vue depuis son dernier album en 2014 et de retour avec une "club party" à laquelle tous les festivaliers sont conviés. On ne loupera pas l'électro soul de l'Australien Chet Faker qui officie désormais sous son vrai nom Nick Murphy, ni le duo français psychédélique Limiñanas dont le superbe dernier opus a été produit par Anton Newcombe du Brian Jonestown Massacre.

Nos pas nous mèneront également vers les Dirty Projectors emmenés par le multi-instrumentiste américain Dave Longstreth, dont la dernière réinvention discographique plus soul que rock était enthousiasmante. On pensera enfin à aller écouter et voir à quoi ressemble la mystérieuse Dj et productrice "no gender" anglaise Sophie, et le show qu'elle peaufine à Los Angeles depuis des mois.

Egalement au menu : First Aid Kit, Carpenter Brut, Stefflon Don, MNNQNS, George Fitzgerald, Yellow Days, Attaque 77, Terrenoire, NONAME, West TheBarton et The Orielles. Et sur la scène découvertes Ile-de-France : Djam, Fang The Great et GothKing

Samedi 25 août

Cela va sûrement faire tout bizarre à Liam Gallagher de revenir à Rock en Seine. La dernière fois c'était en 2009 avec Oasis. Et le clash en coulisse avec son frère ennemi Noel Gallagher juste avant de monter sur scène avait conduit à l'annulation du concert et à la rupture d'Oasis, groupe phare de la "Brit pop". Depuis, les deux frangins n'ont jamais officiellement recollé les morceaux et Liam a galéré pour imposer son groupe Beady Eye avant une petite traversée du désert. Jusqu'à son album solo, l'impeccable "As You Were" sorti en octobre 2017. Il suffit de préciser que sur scène, entouré d'un groupe solide, il reprend désormais des hits d'Oasis pour savoir que les fans vont s'écrabouiller au premier rang.

Une reformation va aussi convoquer une certaine nostalgie : celle de Black Star, le duo composé des rappeurs Talib Kweli et Yasiin Bey (ex Mos Def). C'était il y a tout juste vingt ans, en 1998. Pour cet unique album, le duo de Brooklyn (New York) s'était baptisé ainsi en hommage à la compagnie de transports de l'activiste afro-centriste Marcus Garvey. Alors que la guerre de tranchées du rap américain entre côte est et ouest battait son plein, Talib et Mos appelaient au bon sens et à la paix dans une série de titres glavanisants où brillaient autant leurs flows que leurs textes. Les "old timers" du hip hop seront à la fête.
Plus sa tournée avance, plus Charlotte Gainsbourg gagne en confiance. On ne l'a jamais vue aussi détendue et sa voix n'est plus ce chuintement qui s'est longtemps excusé d'exister mais un véritable instrument capable d'emmener les chansons pop entêtantes de son dernier album réalisé en compagnie de Sebastian. Thirty Seconds to Mars, la formation de l'acteur Jared Leto, et l'envoûtante Anna Calvi devraient également attirer les foules rock'n'roll.

Personnellement, ce sont deux autres noms, dans des registres opposés, qui nous feront cavaler. D'un côté PLK, le très prometteur rappeur du 14e arrondissement de Paris, membre du collectif La Confrérie et du groupe Panama Bende. A coups de clips soignés et de mixtapes impeccables ces derniers mois, cette fine plume au débit impressionnant a déjà clairement démontré qu'il a l'envergure d'un futur Nekfeu. De l'autre, il y a Cigarettes After Sex. Avec sa voix androgyne troublante et ses chansons brumeuses au pouls ralenti, le groupe américain promet d'ouvrir une bulle voluptueuse au coeur du festival le temps d'un concert. 

Egalement au menu : les Londoniens siphonnés de Fat White Family dont on avait pu apprécier le chaos maîtrisé dans le même festival en 2014, mais aussi Insecure Men (drivé justement par un Fat White Family), Theo Lawrence and the Hearts, Onyx Collective, King Gizzard and the Lizard Wizard, Tamino, Octavian, SG Lewis, Royaume, Yota Youth Of The Apocalypse et Welshly Arms. Et sur la scène Ile-de-France le prometteur Malik Djoudi, The Psychotic Monks, Moussa et Ouai Stéphane.

Dimanche 26 août

Justice a beau sillonner les routes depuis 18 mois maintenant, le public ne se lasse pas de ses concerts. Au point que le fleuron du label Ed Banger publie le 24 août un album témoin de ses live, "Woman Worlwide". De fait, les shows de Xavier et Gaspard sont toujours un moment fort et l'occasion d'une réinvention de leur propre répertoire, tordu, déconstruit, télescopé, malmené, jusqu'à paraître un instant méconnaissable et la seconde d'après familier. Impossible de s'ennuyer. Let's dance !

Les hanches seront encore à la fête avec le rappeur de Seattle Macklemore qui considère la Terre comme une gigantesque piste de danse. Reste à savoir s'il convoquera certains des très nombreux invités de son dernier album "Gemini", comme Skylar Grey ou Little Yachty. 

Après avoir pulvérisé le record de vues avec son single "Rockstar" en novembre dernier, le rappeur américain Post Malone a emmené son second album "Beerbongs & Bentleys" aux sommets des charts aux Etats-Unis ces derniers mois. Cela ne garantissant pas à nos yeux la qualité, on attend donc (sans folle impatience) de voir sur scène de quel bois se chauffe ce rappeur auto-tuné qui a débuté dans le heavy-metal.
A l'électronique cotoneuse de Bonobo alias l'Anglais Simon Green répondra la house technoïde du duo de Belfast Bicep qui sait avec le même talent expérimenter sur disque façon Jamie XX ou mettre le feu au dancefloor. Toujours en provenance de l'autre côté de la Manche, et dans l'esprit de Alt-J, on ira applaudir la pop mystérieuse et ciselée de la tribu Glass Animals mais surtout le formidable duo londonien Otzeki, qu'on a vu tout donner sur scène à nous en faire tomber la machoire, bien avant la sortie de leur premier album "Binary Childhood", une pépite fragile injustement passée inaperçue ce printemps.

Au menu également : Wolf AliceThe Black Angels, Ideles, Bicep Live, Mashrou' Leila, Jessica 93, Ezra Furman, Ady Suleiman, belako, The Regrettes et Mourn. Sur la scène Ile-de-France Lord Esperanza, Halo Maud, Sein et Form
 
Rock en Seine, du 24 au 26 août 2018 au Domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Forfait un jour 59 €, forfait 3 jours 139 €. Consultez tout le programme sur le site du festival.