Festival Rock en Seine

du 24 au 26 août 2018

Le rock survolté de King Gizzard secoue Rock en Seine

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/08/2018 à 15H49, publié le 26/08/2018 à 11H55
Stu Mackenzie, le leader de King Gizzard and the Lizard Wizard à Rock en Seine samedi soir.

Stu Mackenzie, le leader de King Gizzard and the Lizard Wizard à Rock en Seine samedi soir.

© Gilles Scarella / FTV

Difficile de choisir un album dans la discographie débordante de King Gizzard and the Lizard Wizard. En à peine six ans, ce groupe australien a signé 13 albums et est devenu le leader du renouveau psyché-rock. Pour leur dernière date de tournée, ils ont enflammé Rock en Seine samedi 25 août.

Une déferlante de fuzz et de riffs endiablés s'est abattue samedi en début de soirée sur le festival. Les King Gizzard and the Lizard Wizard n'ont pas failli à leur réputation. On les entendait jusqu'à l'autre bout du site. Avec à peine un voile de fumée en guise de mise en scène mais de l'énergie à revendre, ils ont offert au public de Rock en Seine un show furibard. De leur discographie hétéroclite, le septet, mené par le chanteur Stu Mackenzie, avait selectionné 15 morceaux parmi les plus énervés, de "Digital Black" en ouverture à "People Vultures". Et comme à leur habitude, les Australiens ont déclenché pogos et slams.

Prolifiques et enthousiasmants, ces jeunes melbournais expérimentent les sons au rythme frénétique d'un Frank Zappa. Ils ont sortis 13 albums en seulement 6 ans. Du Heavy Métal concept de "Murder of the universe", au très jazzy  "Sketches of Brunswick East", en passant par la folk de "Paper mâché dream ballon", les King Gizzard gardent toujours la même patte : virulente, garage, mais aux relents psychédéliques et enfumés des années soixante-dix.
King Gizzard and The Lizard Wizard sur la Grande scène de Rock en Seine 2018.

King Gizzard and The Lizard Wizard sur la Grande scène de Rock en Seine 2018.

© Gilles Scarella / FTV

Un univers complexe

Les "Roi Gésier et le Sorcier Lézard" évoluent dans un univers musical fourmillant, à l'image de leurs noms, ou de leurs visuels psychédéliques réalisés par Jason Galea. Publiés sur le label australien Flightless record, leurs albums se croisent sans jamais se ressembler. Certains s'approchent parfois de la performance. Comme "Nonagon infinity", pensé pour que les morceaux s'enchaînent parfaitement, en ralliant le premier, " Comme une ruban Moebüs".

"Quarters", quant à lui, est divisé en quatre morceaux de 10 minutes et 10 secondes exactement. Toujours dans l'experience, les jeunes australiens ont même réalisé un livre audio sur un univers western. 
Le démonstratif Stu des King Gizzard sur la Grande scène de Rock en Seine samedi.

Le démonstratif Stu des King Gizzard sur la Grande scène de Rock en Seine samedi.

Cinq albums sortis en douze mois l'an passé !

2017 est une année faste pour les prolifiques King Gizzard, qui réalisent une prouesse: sortir cinq albums en un an. Avec ce coup, le groupe, qui avait déjà monté un festival itinérant, le "Gizzfest" en Australie, se fait un nom sur la scène internationale. Ils ouvrent leur marathon avec le très remarqué "Fliying microtonal banana", sur lequel ces rockers indomptables se réapproprient les quarts de tons et les gammes orientales. Inspirés du blaglama, un instrument traditionnel turc, ils bricolent les frets de leurs guitares pour pouvoir faire sonner ces fameuses intervales à la sauce fuzz.

S'ensuit un conte post-apocalyptique, "Murder of the Universe", ou encore une collaboration jazzy avec le Mild Hight Club, clin d'oeil au "Sketches of Spain" de Miles Davis. Une productivité telle qu'ils en arrivent à mettre l'un des albums "Polygondwanaland" en téléchargement libre sur internet. Ce groupe qui au départ devait être un side-project au nom improbable, n'en finit pas de nous surprendre.