Coup de coeur pour le punk-rock incendiaire de FIDLAR

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 14/02/2013 à 08H17, publié le 13/02/2013 à 19H03
FIDLAR

FIDLAR

© Droits réservés

Fatigués de la folk molle et de la pop rêveuse ? Besoin d'un bon coup de pied aux fesses ? Envie d'un peu de garage-punk qui déchire ? Ne cherchez plus, FIDLAR est le groupe qu'il vous faut.

Fuck It Dog, Life's A Risk
Ce quatuor de branleurs-skateurs de Los Angeles, dont deux guitaristes et deux chanteurs, commence à faire du bruit dans le circuit rock où ils se font les griffes depuis déjà quatre ans.

Comme d'autres post-ados avant eux, cette fine équipe joue vite et fort, et vomit son quotidien merdique, celui d'une bande de fauchés immatures pleins d'énergie qui refusent de voir au-delà de la minute suivante.

Ca sent la sueur, les cendriers jamais vidés, les reliefs de pizzas qui traînent et les chaussette sales - on ne va pas vous faire un dessin. On ne s'appelle pas pour rien FIDLAR, acronyme de "Fuck it Dog, Life's a Risk", le cri du coeur je m'en foutiste des skateurs casse-cou.
Bières pas chères
Leur premier album sorti début février est notre coup de coeur du moment, une bonne claque de garage-punk dont les 14 déflagrations (15 avec le titre caché) ne dépassent jamais 3 minutes.

Si le disque est à ranger sur la même étagère que ceux des excellents Black Lips pour le son et l'énergie trash, on pense aussi aux Ramones (LDA), aux Misfits pour les choeurs, au garage punk sixties et à quelques uns des héros revendiqués du quatuor : Jay Reatard, Adolescents et Thee Oh Sees.

Vous l'avez compris, rien ne fait dans la dentelle ici : production brute, riffs de guitare primitifs et incendiaires, chant braillard, paroles potaches évoquant la bière, les filles qui ne rappellent jamais, le skate, la drogue, le rock, les clopes, les copains, la bière et encore la bière. Pas chère si possible.

Sur "Cheap Beer", avec lequel l'album démarre pied au plancher, ils braillent en boucle à s'en faire péter la glotte : "I/Drink/Cheap/Beer/So What ?" (Je/Bois/Dela Bière/Pas Chère/Et Alors?").
15 hymnes de garage-punk irrésistibles
Mais toute cette urgence et toute cette sauvagerie ne seraient rien sans les mélodies (si minimales soient elles), sans les refrains et sans ces petits riffs répétitifs qui font que l'on retient une chanson. Or ce premier album regorge justement de mini-hymnes irrésistibles, si faciles à siffler sous la douche.

Dans le genre entêtant il y a "Wake, Bake, Skate" et "Cheap Beer" donc, mais aussi "Stoked and broke" et "Blackout Stout", tous deux sous haute influence Black Lips et garage sixties. On remarque aussi  "Wait for the Man", "Max Can't Surf" et le très ramonesque "LDA".

Le groupe parvient même à pondre la chanson punk la plus adorable qu'il nous ait été donnée d'entendre depuis longtemps. "No Waves", avec sa petite mélodie naïve et ses paroles crétines dangereusement régressives, est un bijou sautillant qui nous rend à l'insouciance bienheureuse de nos 15 ans.

Bien entendu, cet exemple déplorable pour la jeunesse est à ne surtout pas prendre au sérieux. Sauf en concert, où FIDLAR est aussi à l'aise qu'un soiffard en open-bar. C'est à dire en extase, avec un public au diapason.

En concert le 19 février au Point Ephémère à Paris dans le cadre du festival Fireworks!
"No Waves" de FIDLAR Live janvier 2013