Cantat : un ex-compagnon de son épouse a demandé un rendez-vous au parquet

Par @Culturebox
Publié le 10/09/2013 à 08H37
Bertrand Cantat en 2012

Bertrand Cantat en 2012

© POL EMILE/SIPA

Un ancien compagnon de Kristina Rady, l'épouse du chanteur Bertrand Cantat qui s'est suicidée en janvier 2010, a demandé un entretien au parquet de Bordeaux, a indiqué lundi son avocate, et la demande est "en cours d'examen", selon ce parquet.

L'avocate Yael Mellul, spécialiste des violences conjugales, mène depuis début août une campagne pour que soit réexaminé le suicide de Mme Rady sous l'angle des violences psychologiques qu'elle aurait pu subir de l'artiste pour en arriver à ce geste désespéré. Me Mellul se fonde notamment sur la publication récente d'un enregistrement laissé par Mme Rady sur le répondeur de ses parents six mois avant sa mort, dans lequel la jeune femme semble particulièrement effrayée par le caractère de son mari, rentré au foyer en 2007 après plusieurs années de prison consécutives au meurtre de l'actrice Marie Trintignant en 2003.

Me Mellul ne représentait qu'elle-même au début, mais a été rejointe par un ancien compagnon de Mme Rady, François Saubadu, qui, explique-t-elle dans un communiqué, souhaite "relater la relation qu'il a eue avec Kristina Rady, ainsi que les évènements qui ont précédé son suicide", et qui "remettra (au parquet) des documents, notamment l'enregistrement du message laissé par Kristina Rady qu'il détient, ainsi que des courriers rédigés à son intention par la mère de Kristina Rady, et évoquera les témoins qu'il conviendrait d'entendre dans le cadre de la manifestation de la vérité".

Le rendez-vous demandé devrait être accordé

Dans son communiqué, l'avocate suggère "une passivité" du parquet de Bordeaux à l'époque du suicide, et jette aussi la suspicion sur le juge d'application des peines de Toulouse qui a remis Bertrand Cantat en liberté conditionnelle. Me Mellul annonce qu'elle a "sollicité un entretien à Madame le Ministre de la Justice afin de lui signaler ce qu'il (lui) semble être un dysfonctionnement des services du Parquet de Bordeaux au moment du suicide".

Joint par l'AFP, un responsable du parquet a indiqué n'avoir pas de commentaires à faire sur ce communiqué. Il a confirmé que la demande d'entretien "a été reçue et est en cours d'examen", laissant entendre que le rendez-vous demandé devrait être accordé. L'avocat de M. Cantat, Me Aurélien Hamelle, avait rappelé il y a quelques jours "qu'aucune suite judiciaire n'a été donnée" à l'enquête menée après le suicide de Mme Rady, et que "M. Saubadu et son avocate n'ont aucune légitimité pour prétendre être mieux informés que les autorités judiciaires".