Bertrand Cantat revendique son "droit à la réinsertion" dans une lettre sur Facebook

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 13/03/2018 à 19H05, publié le 13/03/2018 à 09H26
Manifestation à Montpellier contre un concert de Bertrand Cantat, 12 mars 2018

Manifestation à Montpellier contre un concert de Bertrand Cantat, 12 mars 2018

© PASCAL GUYOT / AFP

Bertrand Cantat, après avoir renoncé à se produire dans les festivals d'été face à une contestation grandissante, invoque son "droit à la réinsertion" dans une lettre publiée lundi soir sur son compte Facebook. Mardi il a également dénoncé "la censure" dont il estime être l'objet après l'annulation de son concert prévu vendredi à Istres dans les Bouches-du-Rhône.

"Je souhaite aujourd'hui, au même titre que n'importe quel citoyen, le droit à la réinsertion"

"Je m'appelle Bertrand Cantat et j'ai été condamné en 2003 à huit ans de prison pour meurtre sur la personne de Marie Trintingnant sans intention de donner la mort", ecrit Bertrand Cantat sur son compte Facebook, après avoir annoncé lundi qu'il se retirait des festivals d'été dans lesquels il était programmé.

Le chanteur, 15 ans après la mort sous ses coups de Marie Trintignant, "renouvelle" sa "compassion la plus sincère, profonde et totale à la famille et aux proches de Marie". "Il est des trous noirs dans le tissu de la vie qui ne se comblent pas", ajoute l'ex-leader du groupe Noir Désir. "LEs médias se sont emparé de mon histoire et l'ont bien trop souvent déformée et instrumentalisée jusqu'à l'excès, denonce-t-il. 

Condamné à huit ans de prison pour coups mortels, Bertrand Cantat avait été libéré en 2007 après avoir purgé plus de la moitié de sa peine. "J'ai payé la dette à laquelle la justice m'a condamné. J'ai purgé ma peine. Je n'ai pas bénéficié de privilèges. Je souhaite aujourd'hui, au même titre que n'importe quel citoyen, le droit à la réinsertion. Le droit d'exercer mon métier", écrit le chanteur.

"La censure est en marche" selon lui, à Istres

Mardi, Bertrand Cantat a également dénoncé sur Facebook une "censure" après l'annulation de son concert prévu vendredi à Istres  (Bouches-du-Rhône). 

"Salut GRENOBLE! Pour 2 concerts avec vous!!!!! Pendant ce temps à ISTRES la Censure est en marche Bravo au Conseil d'Administration de Scènes et Cinés, quel courage...", a publié Bertrand Cantat sur le réseau social.

Le conseil d'administration de Scènes et Cinés, qui gère la salle "L'Usine" où devait avoir lieu le concert à Istres, a annoncé sur Facebook sa décision d'annuler le concert "face aux nombreuses réactions négatives de citoyens". "La question du maintien ou non de cette programmation avait fait l'objet d'un débat lors de la précédente séance du 24 janvier au cours de laquelle les membres avaient convenu d'un délai de réflexion", ajoute-t-il.

Lundi, une manifestation a rassemblé devant la salle de Montpellier où s'est produit Bertrand Cantat une soixantaine de défenseurs des droits des femmes, qui ont invectivé les spectateurs se rendant au concert. "Merci au public de MONTPELLIER que quelques perturbateurs ont tenté de culpabiliser, sans succès!", a salué dans un message distinct sur Facebook l'ex-leader de Noir Désir, en légende d'une photo de lui et de son groupe sur scène. 


Retrait des festivals d'été, maintien des dates de la tournée

Le retour au premier plan de Cantat avait soulevé la polémique en octobre, lorsqu'il avait fait la Une du magazine Les Inrockuptibles auxquels il accordait une interview, avant la sortie de son premier album solo "Amor Fati".

"La couverture des Inrockuptibles a heurté certaines personnes, je leur demande de bien vouloir m'en excuser. Ce n'était pas mon intention", affirme Bertrand Cantat sur Facebook. Dans ce contexte, il dit comprendre "qu'être programmé dans le cadre de festivals cet été puisse poser problème". "D'où ma décision de me retirer de ceux-ci", ajoute-t-il. 

"Je souhaite le droit pour le public de se rendre à mes concerts et d'écouter ma musique", conclut le chanteur, dont les dates de sa propre tournée entamée le 1er mars à La Rochelle ont été maintenues, dont celle de lundi soir à Montpellier, où une soixantaine de militants pour les droits des femmes a interpellé avec véhémence la file de spectateurs se pressant à l'entrée de la salle.

Les protestations provenant de toutes parts, politiques, collectifs féministes, anonymes sur les réseaux sociaux, sont de plus en plus vives depuis le retour sur scène de Cantat, qui a débuté le 1er mars à La Rochelle une tournée pour défendre son premier album solo, "Amor Fati" paru le 1er décembre, et doit se terminer à l'Olympia les 29 et 30 mai.