Arctic Monkeys : un 5e album très américain

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/09/2013 à 17H46, publié le 05/09/2013 à 12H26
Le groupe Arctic Monkeys, récompensé aux "GQ Men of the Year Awards", le 3 septembre 2013 à Londres

Le groupe Arctic Monkeys, récompensé aux "GQ Men of the Year Awards", le 3 septembre 2013 à Londres

Huit ans après des débuts spectaculaires, les quatre Anglais d'Arctic Monkeys sortent lundi un 5e album "AM", un titre inspiré à Alex Turner par le "VU" du Velvet Underground. Enregistré à Los Angeles, pétri d'influences américaines, ce disque est produit par le fidèle James Ford de Simian Mobile Disco, épaulé de Ross Orton de Add N to (X).

Parmi les premiers groupes nés sur internet en 2005, le groupe de Sheffield (nord de l'Angleterre) est devenu en quelques années l'une des plus importantes formations de rock britanniques, au point d'être une des têtes d'affiche du festival de Glastonbury cet été au côté des Rolling Stones.

Leurs deux premiers albums, "Whatever people say I am, that's what I'm not" (2006) et "Favourite Worst Nightmare" (2007), distillaient un rock syncopé influencé par le rap et le reggae et marqué par les textes pleins de saveur de son meneur Alex Turner. Par la suite, le groupe s'est de plus en plus tourné vers l'Amérique, avec des résultats en demi-teinte sur le déconcertant "Humbug" (2009), puis le plus paresseux "Suck it and see" (2011).
"Comme un disque de Dr Dre, mais coiffé à la Ike Turner"
"AM", qui sort lundi chez Domino Records, est le premier disque où les musiciens, désormais installés à Los Angeles, embrassent pleinement leurs nouvelles influences et en font des tubes potentiels, selon une chronique de l'AFP. A l'image du look rockabilly adopté par Alex Turner -banane, jean moulant et veste cintrée-, "AM" ne sonnerait pas déplacé dans le juke-box d'un "diner"... fréquenté toutefois par des producteurs de hip-hop.

"Le disque sonne comme un rythme de Dr Dre, mais nous lui avons donné une coupe de cheveux à la Ike Turner et l'avons envoyé galoper dans le désert sur une Stratocaster", a expliqué Alex Turner au magazine britannique NME. L'album s'ouvre de façon attractive avec "Do I wanna know" et "R U Mine?", deux morceaux justement inspirés à la fois par le rock et par la rythmique popularisée par les producteurs stars du hip-hop, Dr Dre en tête, au début des années 2000. "R U Mine ?", le titre le plus rock que le groupe ait jamais écrit, publié l'an dernier, a d'ailleurs été le point de départ du disque. Il met en avant, au côté des riffs de guitare, le jeu de batterie de Matt Helders, un des atouts majeurs du groupe.

Des morceaux rock, mais aussi des ballades
Mais "AM" regorge aussi de ballades comme "N°1 Party Anthem" ou "Mad Sounds" et ses "ooh-la-la-la" dignes d'un slow des Ronettes. Alex Turner a troqué son débit de mitraillette pour un rythme plus lent, qui met en avant son timbre et sa diction de crooner. Selon le chroniqueur de l'AFP, le disque perd toutefois de sa tenue vers la fin et on peut regretter que la plume vive et goguenarde du chanteur, qui savait si bien croquer la vie des adolescents britanniques, se soit elle aussi assagie.
Les Arctic Monkeys seront en concert les 7 et 8 novembre au Zénith de Paris