Rohff condamné à cinq ans de prison pour des violences dans la boutique de Booba

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/10/2017 à 16H39, publié le 27/10/2017 à 15H33
Le rappeur Rohff à son procès, le 29 septembre 2017

Le rappeur Rohff à son procès, le 29 septembre 2017

© Lionel Bonaventure / AFP

Le rappeur Rohff a été condamné vendredi à Paris à cinq ans de prison pour avoir violemment agressé, en groupe, deux vendeurs de la boutique parisienne de son rival Booba en avril 2014. Le procureur avait requis quatre ans.

Le tribunal a dénoncé des faits "d'une particulière gravité", une "action collective préméditée d'une grande violence, sans autre mobile établi qu'une démonstration de force" dans le cadre d'une "rivalité" entre rappeurs.

Rohff, 39 ans, de son vrai nom Housni Mkouboi, qui a déjà passé deux mois en prison et plusieurs mois sous bracelet électronique dans cette affaire, n'a toutefois pas été écroué immédiatement à l'issue de l'audience. Il est sorti sans s'exprimer devant la presse.

"On a dix jours pour faire appel ou aménager la peine, on va prendre le délai de réflexion", a déclaré son avocate, Me Malika Ibazatene.

Au-delà des réquisitions 

Le juge est allé au-delà des réquisitions : le procureur avait réclamé quatre ans de prison, dénonçant un "lynchage" sur fond de "haine" entre rappeurs sur les réseaux sociaux. A l'audience, Rohff avait dit qu'il avait "cédé à la colère" dans le magasin Ünkut, boutique officielle de la marque de vêtements de son ennemi juré Booba. Niant toute préméditation, il assurait avoir "improvisé" sa visite.
 
Selon lui, les hommes qui l'accompagnaient étaient de jeunes fans qu'il venait de croiser dans la rue.

Pour les magistrats, le groupe semblait, sur les images de vidéosurveillance, plutôt composé d'hommes âgés d'une trentaine d'années et "pas excités", une vidéo en contradiction avec la version du rappeur.

Un jeune vendeur roué de coups

Les explications de Rohff "n'ont eu de cesse de changer", a asséné l'une des juges lors de la lecture du jugement, aussi bien sur le motif de sa présence dans la boutique que sur ses intentions ou l'élément déclencheur des violences. La constance dont a fait preuve l'artiste "dans la minimisation" paraît "peu compatible avec les regrets exprimés", a-t-elle ajouté.

Dans un bref déchaînement de violence dont les images, captées par des caméras de vidéosurveillance, avaient été diffusées à l'audience, le groupe avait roué de coups un jeune vendeur en l'abandonnant dans un état critique, avait assommé un autre employé avec une caisse enregistreuse et détérioré la boutique.
 
Cet épisode dramatique a marqué l'apogée des "clashes" répétés entre Rohff et Booba, figures du rap français, engagés dans une compétition à base de provocations par clips ou réseaux sociaux interposés, d'albums ou de moqueries pour faire le "buzz", dopée par leurs publics respectifs.


Le casier judiciaire de Rohff comporte déjà plusieurs condamnations, dont une pour violences avec arme.