Rixe d'Orly: Booba et Kaaris remis en liberté et placés sous contrôle judiciaire

Mis à jour le 23/08/2018 à 13H53, publié le 23/08/2018 à 09H26
Les rappeurs Kaaris (G) et Booba (G)

Les rappeurs Kaaris (G) et Booba (G)

© Dominique FAGET, Loïc VENANCE / AFP

La cour d'appel de Paris a ordonné jeudi la remise en liberté et le placement sous contrôle judiciaire des rappeurs Booba et Kaaris, qui avaient été placés en détention provisoire après leur bagarre à Orly début août. Ils n'ont pas le droit d'entrer en contact l'un avec l'autre.

Les deux frères ennemis du rap français, qui doivent être jugés devant le tribunal de Créteil le 6 septembre, ont interdiction de quitter le territoire français et doivent remettre chacun une caution de 30.000 euros. Et ils ont interdiction d'entrer en contact l'un avec l'autre.

Huit proches des rappeurs également libérés et placés sous contrôle judiciaire

La cour a également ordonné la remise en liberté et le placement sous contrôle judiciaire des huit proches des rappeurs qui avaient participé à la bagarre collective à Orly et qui avaient également fait appel de leur détention provisoire.

Les mesures du contrôle judiciaire sont les mêmes pour tous les prévenus, sauf la caution qui concerne uniquement les deux rappeurs. Tous doivent remettre leurs passeports. Un onzième suspect avait déjà été remis en liberté par le tribunal de Créteil le 14 août.

Booba et Kaaris et leurs gardes rapprochées respectives s'étaient violemment affrontés le 1er août dans un hall de l'aéroport d'Orly devant des passagers médusés, provoquant des retards sur certains vols et entraînant plusieurs dépôts de plainte dont celle d'Air France.

Booba, 41 ans, incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne), et Kaaris, 38 ans, détenu à Fresnes (Val-de-Marne) pour Kaaris, devraient être remis en liberté dans la journée.

Booba, "soulagé", promet "un comportement irréprochable"

Booba est "soulagé" par cette décision, a déclaré son avocat Yann le Bras, devant la prison de Fleury-Mérogis. Le poids lourd du rap français va "souffler (...) et voir quel est l'agenda possible de reprise de son activité professionnelle, tant pour les concerts que pour la direction d'Unkut", sa marque de vêtements, a ajouté l'avocat après s'être entretenu avec son client au parloir.

Le rappeur, surnommé le "duc de Boulogne" a promis un "comportement irréprochable" et ne fera "aucune prise de parole d'ici le procès", a assuré l'avocat: "Il est temps maintenant de retourner à la sérénité et que ce dossier sorte un petit peu des médias".

Pour les avocats, "cette décision aurait dû être prise dès le 3 août"

"C'est une décision qui aurait dû être prise dès le 3 août", date du placement en détention provisoire des prévenus par le tribunal de Créteil, a réagi Me Yann Le Bras, se disant satisfait que la cour d'appel ait "compris la réalité de ce dossier". "C'est une affaire de violences croisées, qui n'a blessé personne d'autre que les protagonistes. Elle redevient ce qu'elle est", a-t-il ajouté à la sortie de l'audience.

De son côté, l'avocat de Kaaris, Me Yassine Yakouti, a lui salué "l'application du droit". "Aujourd'hui ce qui est important c'est que Kaaris et ses amis puissent rejoindre leur famille, et préparer sereinement le procès", a-t-il dit.

Les deux rappeurs doivent être jugés pour violences aggravées et vols en réunion avec destruction dans un lieu d'accès aux transports collectifs, des faits passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à dix ans de prison.