Rentrée scolaire : à Aubervilliers, le rappeur Mac Tyer offre trousses et cahiers

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/09/2018 à 18H34, publié le 01/09/2018 à 18H05
A la cité des Fusains, à Aubervilliers, le rappeur Mac Tyer offre des fournitures scolaires le 1er septembre 2018.

A la cité des Fusains, à Aubervilliers, le rappeur Mac Tyer offre des fournitures scolaires le 1er septembre 2018.

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La chanteuse "Nicki Minaj ne ferait pas ça !" De futurs écoliers ont reçu ce 1er septembre des fournitures scolaires des mains du rappeur Mac Tyer à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), un quartier où il réside depuis son enfance. Une opération que l'artiste renouvelle chaque année depuis 2015 pour sensibiliser les jeunes à la "chance" que représente l'école gratuite.

A deux jours de la rentrée, le rappeur de 39 ans offrait trousses, règles, agendas et cahiers au pied des tours de la cité des Fusains, où il a grandi, réside toujours et a aménagé un studio d'enregistrement.

Action symbolique, mais aussi d'utilité publique 

De son vrai nom Socrate Petnga, l'artiste - qui définit son rap comme "hardcore conscient" - estime que son parcours, marqué par la prison, le rend audible auprès des jeunes qui ne "se rendent plus compte de leur chance" d'aller à l'école.
Le rappeur voyait à l'origine son opération comme un "symbole", une pure action de sensibilisation. Mais il a constaté qu'il répondait aussi à un "besoin" pour des familles dépassées par l'ampleur des achats de rentrée.
Mac Tyer parmi les fournitures scolaires.

Mac Tyer parmi les fournitures scolaires.

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Ce n'est pas la première fois que le rappeur s'engage dans cette opération "rentrée pour tous", lancée en 2015 par l’association Force des Mixités. Pour sa quatrième distribution en cinq ans, Mac Tyer a récolté 8.000 euros et s'est entouré de lycéens du XVe arrondissement de Paris réunis dans l'association Impulsion 75 pour offrir environ 800 kits de fournitures.

"La plupart des chanteurs ne font pas ça"

"J'espère que tu vas travailler cette année. C'est sûr hein ?" lance-t-il à un collégien, qui opine timidement.
A 12 ans, Abdelkader va quant à lui rentrer en 4e. Il attend patiemment son tour avec son frère de huit ans, sacs de courses sous le bras et conscient que la rentrée est une période "dure" financièrement dans sa famille de six personnes.
Il s'est appliqué à choisir les produits les moins chers - "surtout que chaque année les prix augmentent" - mais il lui manque encore des cahiers.

"La plupart des chanteurs ne font pas ça. Par exemple, (la star du hip-hop) Nicki Minaj ne ferait pas ça ", croit-il savoir.
Pour le jeune adolescent, "les rappeurs qui viennent des cités connaissent la pauvreté et comprennent donc qu'on peut avoir des difficultés".