Oxmo Puccino réédite "Opéra Puccino" pour ses 20 ans de carrière

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 26/04/2018 à 14H13, publié le 26/04/2018 à 14H14
Oxmo Puccino à Paris, aux Grands prix de la Sacem en 2016

Oxmo Puccino à Paris, aux Grands prix de la Sacem en 2016

© Edmond Sadaka / SIPA

"Un artiste qui ne s'ouvre pas est un artiste qui va être remplacé. C'est pour ça que je suis encore là" : le rappeur éclectique Oxmo Puccino célèbre ses 20 ans de carrière, en rééditant vendredi son mythique premier album.

"1998, c'est l'année de la finale de la Coupe du monde, juste avant de rentrer dans le XXIe siècle", mais c'est surtout la sortie d'"Opéra Puccino", un disque qui a lancé sa carrière et marqué l'histoire du rap français.
 
Pour Oxmo Puccino, 43 ans, remettre à l'honneur cet "album qui a touché beaucoup de personnes de ma génération", était une évidence. Dans cette version remasterisée, disponible vendredi, les aficionados du rap français pourront retrouver les morceaux de ses débuts et découvrir des inédits.
 
Considéré aujourd'hui comme un classique, "Opéra Puccino" n'a pas rencontré le succès à sa sortie. "Il y avait eu de bonnes critiques (...) mais les gens s'attendaient à autre chose", confie l'artiste à l'AFP. Il a fallu attendre huit ans pour que l'album devienne disque d'or (avec plus de 100.000 exemplaires vendus).
Oxmo Puccino, "Qui peut le nier"

Des textes poétiques et engagés

"Les thèmes classiques (du rap de l'époque) c'était soit l'égotrip, soit la rue. Moi, ce que j'amenais avec mon premier album, c'était des textes plus sociologiques, avec des thèmes et des sentiments qui n'avaient jamais été évoqués jusque-là", explique Oxmo Puccino.
 
Avec son titre "L'enfant seul", devenu un classique, il traite par exemple de "la solitude présente en chacun de nous". "C'est le morceau qui a le plus touché", estime le rappeur natif de Ségou, au Mali, et arrivé en France à l'âge d'un an. "Le jour où tu partiras", parle lui de rupture amoureuse tandis que "Black Cyrano de Bergerac" est une déclamation.
 
Ce sont ces textes ciselés, poétiques et engagés qui ont fait la réputation du rappeur aux deux Victoires de la musique.

A l'Olympia fin juin

Les 29 et 30 juin, sur la scène de l'Olympia, celui que l'on surnomme le "black Jacques Brel", reprendra tous les titres de son premier disque.
 
D'anciens compagnons du rap français, comme Pit Baccardi, se produiront à ses côtés. Mais également ceux de la nouvelle génération : comme Rémy ou Jazzy Bazz avec lesquels il a enregistré une nouvelle version de "24 heures à vivre".
 
Parmi les autres inédits de l'album, trois titres sont issus d'une cassette sortie en 2000, notamment un morceau avec le groupe 113 et un autre avec Kery James, figure de proue du rap engagé. "Ce sont des moments d'amitié avec des artistes que j'avais envie de mettre en avant. Cela nous renvoie à une autre époque", explique un brin nostalgique le rappeur, père d'une petite fille.

Toujours ouvert à d'autres styles

Sur l'opus, on retrouve également une version acoustique de "Mourir 1000 fois" interprété avec le violoncelliste Vincent Segal et le guitariste Edouard Ardan. Avec ces deux musiciens, Oxmo Puccino enchaîne les concerts en France depuis 2012.
 
Toute sa carrière, Oxmo Puccino est resté ouvert à d'autres styles musicaux. En 7 albums solo (dont deux disques d'or) et des centaines de titres, il a collaboré autant avec des rappeurs (comme Kool Shen, Rhoff ou Nekfeu), qu'avec des chanteurs à texte (Bernard Lavilliers, Benjamin Biolay), ou encore des musiciens de jazz, comme Ibrahim Maalouf.
 
Aujourd'hui, il finalise son prochain album solo, prévu pour janvier 2019. En cours également, "la rédaction d'un préambule pour un opéra", "l'apprentissage du trombone", "l'écriture d'une pièce de théâtre et de deux albums pour des chanteuses"...  Le mot "rappeur" le définit-il encore ? "Je suis un auteur à texte, parolier, interprète, compositeur, après on met le nom que l'on veut."