Orelsan de nouveau devant la justice

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 22/03/2013 à 09H19
Orelsan est comparu de nouveau pour "injures", en raison des paroles de sa chanson "Sale Pute" (ici aux Victoires de la musique, le 8 février 2013)

Orelsan est comparu de nouveau pour "injures", en raison des paroles de sa chanson "Sale Pute" (ici aux Victoires de la musique, le 8 février 2013)

© Francois Mori/AP/SIPA

Orelsan était de nouveau devant la justice jeudi, poursuivi pour "injures" et "provocations à la haine" par des associations féministes en raison de textes qu’il avait chantés lors d’un concert le 13 mai 2009 au Bataclan. Le rappeur a fait valoir que les mots attaqués s’inscrivaient dans une œuvre de fiction. La procureure a demandé la relaxe

"C'est de la fiction", a répété le rappeur de 30 ans, de son vrai nom  Aurélien Cotentin, attaqué par les Chiennes de garde, le collectif féministe  contre le viol, la Fédération nationale solidarité femmes, Femmes solidaires et le Mouvement français pour le planning familial.
 
"Je ne suis pas en train de faire un discours politique",  "c'est une  chanson, je ne suis pas en train de donner mon avis",  a expliqué Orelsan,  assurant n'avoir jamais tenu aucun propos misogyne en interview.
 
Ce n'est pas un discours politique, c'est une chanson, se défend Orelsan
Dans la chanson "Sale pute", le rappeur décrit en termes très crus la colère d’un jeune homme qui s’est découvert trompé et qui menace sa copine de toute une série de violences physiques, comme de l'"avorter à l'Opinel". "Je te quitterai dès que je trouverai une chienne avec un meilleur  pédigrée", dit-il notamment.
 
"Je ne suis pas en train de faire un discours politique",  "c'est une  chanson, je ne suis pas en train de donner mon avis", a expliqué Orelsan à l’audience,  assurant n'avoir jamais tenu aucun propos misogyne en interview. Le rappeur, portant barbe et cheveux longs, a défendu la "liberté de  création" qui existe en France, "à laquelle on ne peut pas toucher".
 
L'image des femmes est bafouée, selon les plaignants
Il a par ailleurs souligné la différence de culture et de génération entre les associations plaignantes et lui.
 
Entendue comme témoin, Florence Montreynaud, fondatrice des Chiennes de garde, s'est interrogée : si l'on remplaçait le mot femme par "juif ou noir (…) est-ce qu'on trouverait ça tolérable, même dans une chanson ?" Le sexisme fait selon elle l'objet d'une "tolérance incroyable, alors que c'est le premier des racismes", "la création n'est pas déconnectée du réel".
 
"Putes", "chiennes", l'image des femmes est "bafouée", a estimé l'avocat des associations, Me Alain Weber.
 
La procureure ne demande pas de poursuites
Pour la procureure Anne Coquet, la lecture intégrale des textes permet bien de comprendre que "chacune des chansons" raconte une "histoire particulière". Les textes poursuivis ne peuvent pas tomber "sous le coup de l'application de la loi pénale", a conclu la magistrate. Le jugement a été mis en délibéré au 25 avril.
 
En 2009, le clip de "Sale Pute" avait provoqué une très vive polémique, le tollé s'étant rapidement étendu au monde politique et ayant suscité un vaste débat sur la liberté d'expression.
 
Déjà poursuivi pour "provocation au crime" par le mouvement féministe Ni Putes Ni Soumises  (NPNS) pour sa chanson "Sale Pute", Orelsan a été relaxé en juin dernier par le tribunal correctionnel de Paris.