Les tubes de l'été : "Je danse le Mia" de IAM a popularisé le rap en France

Publié le 24/07/2018 à 16H47
Akhenaton au festival des Vieilles Charrues, le 23 juillet 2018

Akhenaton au festival des Vieilles Charrues, le 23 juillet 2018

© Jonathan Konitz / PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/MAXPPP

C'était le tube de l'été 1994, l'air qui a propulsé IAM au sommet de la popularité. "Je danse le Mia" a largement contribué à populariser le rap en France. Une chanson qui reste dans les têtes et dans les cœurs. Tout comme le clip, signé Michel Gondry. IAM a mis du temps à assumer ce tube. En pleine tournée des festivals, le groupe le joue à chaque concert, pour le bonheur des fans.

"Je danse le Mia... chemise ouverte, chaîne en or qui brille...". Peu sont ceux qui peuvent lire les paroles de cette chanson sans avoir tout de suite l'air et le clip de la chanson dans la tête. Tube de l'été 1994, parodie des soirées marseillaises des années 80, le Mia a permis à IAM d'atteindre le succès et de toucher le grand public. Le titre est sorti sur leur deuxième album studio "Ombre et lumière" (1993), qui est resté 8 semaines à la première place du Top 50. "Je danse le Mia " a largement contribué au succès de l'album. 

Reportage : E. Cornet / F. Bohn / M. Corgnino / H. Possetto

https://videos.francetv.fr/video/NI_1269865@Culture

"'Le Mia' est une chanson qui existait depuis 1990", explique Akhenaton. "On la jouait sur scène pendant la tournée de "De la planète Mars", notre premier album. Et ce morceau-là, qui n'était pas sur l'album, fonctionnait mieux que d'autres morceaux connus qui étaient sur l'album. On s'est alors dit qu'il fallait faire quelque chose avec ce titre". Un titre entre rap et funk, qui sample le classique "Give me the night" de George Benson. Un clip original, réalisé par le nom moins original et talentueux Michel Gondry, qui raconte avec nostalgie et humour les soirées marseillaises des années 1980 et les caricatures liées aux personnages les plus représentatifs de la cité phocéenne. Des looks ostentatoires et de mauvais goût qui ont marqué les membres du groupe. "J'ai vraiment vu des mecs arriver en boite avec des survêtements blanc et vert en toile de parachute et des mocassins noirs" se souvient en riant Akhenaton. 

Une légèreté difficile à assumer

Avant "Le Mia", IAM était déjà très populaire auprès des amateurs de rap, mais pas du grand public. Le groupe est connu et reconnu pour ses prises de position sur des thèmes d'actualité parfois difficiles, son engagement politique et sa grande qualité d'écriture. Le succès phénoménal du Mia a perturbé les membres du groupe, tant l'image de la chanson ne correspondait pas à l'image qu'ils souhaitaient donner. A tel point qu'ils ne chanteront pas la chanson sur scène pendant plus de 12 ans et qu'il ne l'interprèteront pas non plus en 1995, sur la scène des Victoires de la musique, alors qu'ils viennent de gagner le trophée du "Groupe de l'année", justement grâce à ce tube. Mais avec le recul, la décision de ne pas mettre en avant la chanson, fut plutôt bonne pour leur image. "Ca a permis de limiter les dégâts et d'éviter que l'on devienne le groupe de rap rigolo des campings", selon Akhenaton. 

Le retour en grâce

IAM a poursuivi son brillant chemin avec l'album suivant "L'école du micro d'argent" (1997), son plus grand succès commercial. Depuis 2017, le groupe sillone la France avec la tournée des 20 ans de cet album culte. Et n'hésite plus, en fin de concert, et avec un plaisir non dissimulé, à jouer "Le Mia". A chaque fois, le public est au rendez-vous et savoure cet instant de nostalgie.