La star du rap Jay-Z dénonce le système judiciaire américain

Par @Culturebox
Publié le 18/11/2017 à 14H54
Le rappeur américain Jay-Z sur scène en septembre 2017.

Le rappeur américain Jay-Z sur scène en septembre 2017.

© Carl Timpone/BFA/REX/SIPA

Poids lourd du rap et businessman, Jay-Z a pris la défense vendredi de Meek Mill, un rappeur américain représenté par sa société de management Roc Nation, qui est sous le coup d'une condamnation controversée. Dans une tribune au New York Times, Jay-Z appelle à réformer le système américain de liberté conditionnelle et dénonce la logique injuste qui vise selon lui particulièrement les Noirs.

"Notre système judiciaire piège les Noirs"

Le rappeur Meek Mill a été condamné la semaine dernière par une magistrate de Philadelphie à entre deux ans et quatre ans de prison pour avoir enfreint les termes de sa libération conditionnelle, à la surprise du procureur qui n'avait pas demandé de peine de prison.

"Ce qui arrive à Meek Mill montre comment notre système judiciaire piège et harcèle des centaines de milliers de Noirs chaque année", écrit Jay-Z, 47 ans, dans une tribune publiée par le New York Times.  "Au lieu d'une deuxième chance, le délai d'épreuve se transforme en terrain miné, où un mauvais pas entraîne des conséquences plus lourdes que le délit", dénonce le géant du rap. 

Rappel des faits

Meek Mill avait été interpellé en 2008 à l'âge de 19 ans pour détention de stupéfiants et d'arme à feu. Il avait alors passé neuf mois en prison avant d'être placé en liberté conditionnelle, avec comparutions obligatoires régulières devant le juge. Jay-Z souligne d'abord que ce rappeur, âgé aujourd'hui de 30 ans, avait donc passé sa vie adulte en probation depuis ce délit.

La magistrate de Philadelphie qui l'a condamné la semaine dernière a estimé que le rappeur n'avait pas respecté les conditions de son maintien en liberté, citant notamment une bagarre en mars dans un aéroport américain. Le rappeur n'avait pas été inculpé pour cette altercation. 

Sa condamnation a provoqué une vague d'indignation et des centaines de manifestants s'étaient rassemblés lundi devant le tribunal de Philadelphie, sa ville d'origine, où il a été condamné le 6 novembre. 

Meek Mill affirme avoir été tabassé par la police lors de son arrestation en 2008 et avait choisi une photo de son visage tuméfié pour la pochette de sa mixtape "DC4".  Son dernier album "Wins and Losses" a atteint la troisième marche des meilleures ventes cette année aux Etats-Unis.  

Une infraction mineure vous renvoie direct en prison

Rater un rendez-vous avec les autorités, ne pas respecter l'heure d'un couvre-feu: au moins 61.250 personnes sont détenues aux Etats-Unis pour ce type d'atteintes mineures aux conditions de leur liberté conditionnelle, selon une enquête récente de l'organisation américaine à but non lucratif The Marshall Project. 

Sur les 4,65 millions de personnes en liberté conditionnelle ou surveillée aux Etats-Unis en 2015, 30% étaient Noires, selon le ministère de la Justice. 

"Le système les traite comme un danger pour la société, en les surveillant et les suivant constamment pour toute infraction mineure, avec pour but de les remettre en prison", accuse Jay-Z.  Le rappeur appelle à faire pression pour ne plus faire de la probation un piège et éviter d'envoyer des personnes injustement derrière les barreaux.