Kendrick Lamar vedette de Paris Summer Jam, un nouveau festival en concurrence avec Rock en Seine

Mis à jour le 01/02/2018 à 11H26, publié le 31/01/2018 à 18H51
Kendrick Lamar sur la scène des Grammy Awards, le 28 janvier 2018 à New York, au Madison Square Garden

Kendrick Lamar sur la scène des Grammy Awards, le 28 janvier 2018 à New York, au Madison Square Garden

© Matt Sayles / AP / Sipa

Le nouveau roi du hip hop américain Kendrick Lamar, le collectif de Pharrell Williams N.E.R.D et le célèbre groupe de rap français IAM seront à l'affiche du Paris Summer Jam, un nouvel événement créé par la filiale française du puissant promoteur américain Live Nation, qui se déroulera à l'U Arena de Nanterre le 24 août. Cette date n'est pas anodine : c'est aussi le premier jour de Rock en Seine.

Face à ce tout nouveau rendez-vous plutôt axé sur les musiques urbaines selon les organisateurs, la 16e édition du festival Rock en Seine se tiendra au Domaine national de Saint-Cloud jusqu'au 26 août 2018.

L'offensive de Live Nation contre Rock en Seine se précise

Avec cette annonce, Live Nation France, filiale de Live Nation, l'un des plus gros promoteurs de spectacles du monde, s'attaque un peu plus frontalement à l'un de ses rivaux directs sur le marché des festivals franciliens, après avoir déjà installé avec succès (100.000 entrées en deux jours) l'an passé l'édition parisienne du mastodonte Lollapalooza.

Alors que d'autres noms seront prochainement dévoilés pour ce Paris Summer Jam et que la deuxième édition de Lollapalooza (21, 22 juillet à l'Hippodrome de Longchamp) s'annonce relevée avec Depeche Mode, Gorillaz ou encore The Killers en têtes d'affiche, Rock en Seine n'a toujours pas communiqué sur sa programmation. 

Paris Summer Jam, auquel sont attendues 40.000 personnes (billets en vente samedi 3 février) a déjà posté mercredi son premier teaser sur YouTube.

 

Kendrick Lamar se retrouve au coeur du bras de fer

Kendrick Lamar, poids lourd du rap dont les billets pour les concerts prévus les 25 et 26 février à l'AccorHotel Arena de Bercy s'etaient arrachés en quelques minutes, se retrouve au coeur du bras de fer des deux mastodontes de la production de concerts.

"Nous devions programmer Kendrick Lamar à Rock en Seine et c'était quasiment fait" avant les vacances de Noël, assure au journal Le Parisien Arnaud Meersseman, qui dirige AEG France. "Quand nous sommes revenus, Live Nation avait dézingué notre offre, et l'avait récupéré pour organiser un mini-festival à la U Arena. C'est un coup pour nous faire perdre du public et du temps dans notre programmation", accuse-t-il.

De son côté, le directeur de Live Nation France Angelo Gopee souligne, toujours dans Le Parisien, que Kendrick Lamar est un artiste Live Nation et accuse Rock en Seine de l'avoir "contourné pour faire une offre directement à son agent, trois fois plus importante que pour une tête d'affiche classique à Rock en Seine", ce qui, selon lui, "ne se fait pas".

Rock en Seine en plein bouleversement depuis 2017

Le festival Rock en Seine a connu un bouleversement l'an passé, puisque ses fondateurs François Missonnier, Christophe "Doudou" Davy et Salomon Hazot l'ont vendu à Matthieu Pigasse, patron de la banque Lazard en France, via sa holding personnelle LNEI. Et après 15 ans à sa tête, François Missonnier a été remplacé à la direction de Rock en Seine par Sarah Schmitt, qui était jusqu'ici son adjointe.

Vers un choc de titans américains du spectacle ?

Surtout, semblait se profiler un nouveau changement dans l'actionnariat du festival, puisque LNEI avait indiqué en septembre à l'AFP être en négociation avec le promoteur américain AEG, leader mondial des salles de spectacles, pour lui revendre des parts. Interrogé par l'AFP ces dernières semaines, LNEI n'a pas souhaité communiquer sur l'évolution de ce dossier.

Un dossier sensible, d'autant que l'hypothèse de voir AEG entrer au capital, voire prendre le contrôle d'un des festivals français majeurs a suscité des inquiétudes. Ce faisant, le marché français des festivals ferait l'objet d'une lutte féroce entre ce géant américain de l'organisation de concerts et son rival mondial Live Nation.

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang avait d'ailleurs anticipé cette possibilité, dénonçant fin juillet "l'invasion de multinationales américaines sur la vie musicale française".