Plagiat de Marvin Gaye : pas de nouveau procès pour Pharrell Williams et Robin Thicke

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/03/2018 à 09H29, publié le 22/03/2018 à 09H13
Pharrell Williams ici en novembre 2017.

Pharrell Williams ici en novembre 2017.

© Maitre/WWD/Shutterstock/SIPA

La Cour d'appel de Californie a rejeté le 21 mars une demande de nouveau procès formulée par Robin Thicke et Pharrell Williams, artistes reconnus coupables d'avoir plagié un titre de Marvin Gaye dans leur tube "Blurred Lines".

Dans son arrêt, la cour californienne a validé les principaux arguments ayant donné tort à Williams et Thicke, qui ont été condamnés en 2015 à verser 7,4 millions de dollars de dommages intérêts aux héritiers de Marvin Gaye, un montant ensuite revu à la baisse à 5,3 millions de dollars. Les héritiers ont également gagné le droit à 50% des recettes futures de "Blurred Lines", la chanson la plus vendue en 2013 dans le monde.

Le morceau de Marvin Gaye copié en partie : "Got to Give It Up" 

Robin Thicke et Pharrell Williams ont été condamnés pour avoir porté atteinte aux droits d'auteur de Marvin Gaye, décédé en 1984, en copiant, en partie, son titre légendaire de 1977, "Got to Give It Up".
La décision de la cour d'appel de San Francisco (Ninth Circuit) a été prise à deux contre une et la juge en désaccord avec ses deux autres collègues a déclaré dans un argumentaire qu'il était clair pour elle que "Blurred Lines" n'avait pas copié la mythique chanson de Marvin Gaye.
"Elles diffèrent en mélodie, harmonie et rythme. Mais en refusant de comparer les deux oeuvres, la majorité établit un dangereux précédent qui porte un coup dévastateur aux futurs musiciens et compositeurs", a-t-elle fait valoir.

Une décision qui fait polémique

Bill Hochberg, avocat spécialisé dans les droits d'auteur, estime lui aussi que cette décision fait "polémique parce qu'elle laisse dans le flou des compositeurs et artistes qui créent de la musique. Ils ne savent pas quand ils passent la limite de l'enfreinte aux droits d'auteurs".
Dans un email à l'AFP, il souligne toutefois qu'il est "probable que la cour d'appel de San Francisco prenne le parti opposé dans le cas de Led Zeppelin", un autre procès célèbre de droits d'auteurs.

Le jury avait alors opté en 2016 en faveur du légendaire groupe de rock, qui était accusé d'avoir plagié une chanson d'un groupe moins connu, Spirit, avec son tube "Stairway to Heaven".