Fink en tournée avec "Resurgam", savant mélange de folk et d'électro

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/11/2017 à 17H53, publié le 04/11/2017 à 10H52
Fin Greenall, alias Fink

Fin Greenall, alias Fink

© TOMMY N LANCE

Depuis une dizaine d'années, le trio anglais Fink distille une pop aux accents folk, mâtinée de touches d'electro, héritées du passé de DJ du leader. Après un détour par le blues brut et sans concession, le dernier album "Resurgam" sorti en septembre est revenu à des chansons plus classiques aux superbes mélodies envoûtantes. L'occasion d'aller les écouter à Paris et à Lille les 10 et 11 novembre.

Fink, de son vrai nom Fin Greenall, a commencé sa carrière à la fin des années 90 comme DJ, en collaboration avec le célèbre label indépendant Ninja Tune. Il a également travaillé avec de nombreux artistes dont Amy Winehouse avec qui il a co-écrit la chanson "Half Time", ou John Legend à plusieurs reprises (notamment pour la B.O. du film "Twelve Years a Slave"). Mais c'est en 2006, avec l'album "Biscuit for Breakfast", et en s'associant à Guy Whittaker et Tim Thornton, deux amis de longue date, qu'il fonde le trio éponyme Fink. Il change alors de direction musicale et se tourne vers une pop plus classique, devenant ainsi le premier chanteur-compositeur du label Ninja Tune. En 2009, l'album "Sort of Revolution", plus expérimental, intéresse fortement Radiohead, au point que le groupe inclut la chanson "Q&A" dans la playlist présente sur son site internet. Les albums suivants, "Perfect Darkness" et "Hard Believer", continuent d'asseoir la réputation du trio britannique.

Début 2017, contre toute attente, Fink enregistre en solo un album blues à l'ancienne, en live, sans overdubs : "Fink's Sunday Night Blues Club". Brut de décoffrage, rugueux, on est loin de la musique électronique.
Fink - "Boneyard"

Une nouvelle direction musicale

Puis, en septembre de cette même année, le groupe revient à une musique plus produite, avec des orchestrations mêlant guitares acoustiques ou électriques et effets électroniques. C'est le dernier album "Resurgam". Des chansons folk-pop, mais qui sortent de l'ambiance mainstream, et qui envôutent par une atmosphère particulière. Les prestations scéniques du groupe (maintenant basé à Berlin et étoffé à six musiciens) sont habillées d'un éclairage singulier, faisant écho aux rythmes hypnotiques et entêtants.
Fink - "This Isn't A Mistake"
C'est ce subtil mélange des genres qui donne à la musique de Fink une saveur particulière. Certaines ambiances sont presque inquiétantes, tandis que d'autres passages sont illuminés par des mélodies sublimes. Un simple piano et la voix du chanteur suffit à nous prendre aux tripes. Mais Fin Greenall insiste : "Je ne vois pas 'Word to the Wise' comme une chanson triste. Je la vois comme une réflexion sur le fait que lorsque vous savez que quelque chose arrive à sa fin, alors chaque seconde en devient extrêmement douce."
Fink - "Word to the Wise"

Le disque a été produit par le célèbre producteur Flood, qui a travaillé entre autres avec PJ Harvey, U2, Nick Cave, The Kills... on peut trouver pire pedigree. Mais la production ne prend jamais le pas sur la création. Greenal explique : "L'expérience avec l'album blues précédent m'a permis de tout retravailler en tant que chanteur, musicien et producteur. Sur "Resurgam", il y a plus de morceaux basés sur la performance live, avec beaucoup plus de feeling que de maitrise technique". 

La pochette de l'album

La pochette de l'album

"Resurgam" sonne ainsi comme un disque de folk-blues fiévreux, nimbé de surimpressions electro, et empreint à la fois de détermination et de mélancolie. Pour découvrir ces sensations singulières, osez vivre l'expérience de Fink en concert, à la Cigale le 10 novembre et au Grand Mix à Lille le 11 novembre.
Toutes les dates de la tournée sont disponibles sur le site officiel.
L'album Fink - "Resurgam" est sorti le 15 septembre 2017 chez Ninja Tune