Derrière Psy, la stratégie culturelle sud-coréenne

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/04/2013 à 00H43, publié le 18/04/2013 à 10H51
Psy lors de la présentation de son nouveau clip "Gentleman" le 13 avril à Séoul

Psy lors de la présentation de son nouveau clip "Gentleman" le 13 avril à Séoul

© CHINE NOUVELLE/SIPA CHINE NOUVELLE/SIPA

122 millions. C’est le nombre de connexions à ce jour pour le nouveau clip de Psy, « Gentleman ». Un succès planétaire qui attire les projecteurs sur un pays, la Corée du sud et sur son industrie culturelle. Ainsi, la K-Pop, ses girls et boys band hypers professionnels commencent à séduire le public européen et américain. Une réussite qui booste l'image de marque et l"économie sud-coréenne.

Reportage : Clément Le Goff, Alexis Jacquet, C. Indjevan

https://videos.francetv.fr/video/NI_145331@Culture

Girls’ Generation, 2PM, Super Junior, ShiNee, 2NE2…Ce sont quelques uns des groupes désormais cultes, notamment chez les adolescents français. Girls ou boys band, ils sont les représentants de la K Pop (le K étant celui du mot anglais pour Korea), autrement dit la pop coréenne. Un phénomène qui a commencé dans les années 90. La Corée du Sud a alors investit massivement le marché asiatique et surtout le Japon, d’abord avec des séries télé comme « Winter Sonata », puis avec le cinéma et enfin la musique. Une vague coréenne désignée sous le terme de « Hallyu wave ».
Winter Sonata
Aujourd’hui, le phénomène dépasse largement les frontières asiatiques, notamment grâce aux médias sociaux et à You Tube. En 2011,  les clips de chanteurs coréens auraient été visionnés près de 2,3 milliards de fois dans 235 pays. Et à cette époque, Park Jae-Sang alias Psy n’avait pas encore déferlé avec son « Gangnam Style ».

Psy et les autres... 

A 34 ans, la star au look rondouillard et qui manie l’autodérision est assez loin des standards  qui font le succès de la K-Pop dans son pays. Les jeunes qui chantent et dansent dans les boys et girls band sont formés dès l’adolescence au chant, à la danse et à la comédie, le tout dans une discipline proche de l’armée : interdiction de sortie, de liaison amoureuse, peu de contacts avec les parents. « On ne les force pas, on les éduque », a expliqué Yoon Deung Ryong, le patron du label DR Music, pionnier de la K-pop. Ici, rien n’est laissé au hasard mais rien n’est naturel non plus.
Clip Girls' Generation
Tout est hyper-formaté : le look, l’esthétique (les artistes sont tous jeunes et beaux), les chorégraphies, les paroles… La créativité n’est pas débordante mais c’est efficace. Des voix se font entendre pour dénoncer une usine à groupe qui pressure les adolescents tant qu’ils sont « rentables » pour les laisser tomber ensuite…Quoiqu’il en soit, pour certains, la célébrité est au rendez-vous. En 2012, on trouvait 20 artistes de K-pop dans le récent «top 40 célébrités» du magazine Forbes en Corée qui couronne les personnalités les plus influentes du pays.
Clip Super Junior