Chris de Christine & The Queens explique sa métamorphose au journal de 20h, sa première télé

Par @Nijikid
Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 25/05/2018 à 13H35, publié le 25/05/2018 à 12H54
Chris de Christine & The Queens avec Anne-Sophie Lapix le 24 mai 2018.

Chris de Christine & The Queens avec Anne-Sophie Lapix le 24 mai 2018.

© Christophe Airaud

Alors qu'elle amorce actuellement son grand retour, la chanteuse de Christine & The Queens était jeudi soir l'invitée du journal de 20h de France 2. Celle qui souhaite désormais être appelée "Chris" tout simplement, a évoqué avec Anne-Sophie Lapix sa métamorphose et ce qu'elle sous-tend : l'émancipation et l'affirmation d'une jeune femme fragile en femme puissante.

"Raconter un nouveau chapitre"

Désormais, appelez-là Chris. Sur les nouveaux visuels officiels qui accompagnent son retour, la majorité du nom Christine & The Queens est rayé. Ne subsiste que Chris. Un prénom unisexe "qui claque". Pour autant, "on peut encore m'appeler comme on veut", répond-elle à la présentatrice du journal de 20h Anne-Sophie Lapix.

Ce changement de nom s'accompagne d'une métamorphose physique sur les photos et dans son tout nouveau clip à découvrir ci-dessous. Coupe de cheveux garçonne, regard buté, gestuelle plus macho que fragile. Il s'agit pour Héloïse Letissier (son vrai nom), 29 ans, de "raconter un nouveau chapitre".

https://videos.francetv.fr/video/NI_1240507@Culture

A travers ses personnages, Héloïse s'émancipe

"Chaleur Humaine (son premier album écoulé à 1,5 million d'exemplaires) était un très beau chapitre mais plus lié à ma jeunesse et à mon adolescence", analyse-t-elle. Dans son prochain album attendu en septembre, elle compte manifester "les changements qui ont opéré en moi" parce que Chris comme Christine sont "la projection scénique de ce qui me traverse et il était temps aussi de montrer ce qui s'est passé" entre les deux disques.

"Christine depuis le début, c'est un personnage qui est pour moi une façon de m'émanciper. Il y a quatre ans j’avais envie de me libérer de certaines normes sociales qui m’étouffaient (...) et des injonctions permanentes (publicités etc) qui m‘enfermaient beaucoup. Chris c’est le personnage d’une femme puissante qui a une autre façon de s’émanciper de beaucoup de normes qu’on impose à la femme."
Chris dans les coulisses du journal de 20h le 24 mai 2018.

Chris dans les coulisses du journal de 20h le 24 mai 2018.

© Christophe Airaud

"Des gestes de libération"

Même si elle admet qu'elle ne perdra jamais sa fragilité, elle revendique des "gestes de libération : on coupe les cheveux, on tombe la veste, on a un prénom plus court qui claque dans la rue, on est libre aussi, on s’allège."

Comment explique-t-elle son succès en Amérique et plus généralement auprès des anglo-saxons ? "Chaque succès est un peu mystérieux", reconnait-elle, et le succès l'a d'ailleurs "pris au dépourvu". Elle esquisse cependant une explication à son succès outre-Atlantique : "Je suis française mais j'écoute beaucoup de pop américaine et anglo-saxonne. Je suis fan de Michael Jackson et en même temps j'adore un Christophe et un Alain Bashung, et tout ça communique, je l'espère, dans mon écriture. Peut-être que cela les a accrochés dans des références très américaines et ils aiment aussi le fait que je sois française." 

Toujours plus haut dans son nouveau clip

Dans son tout nouveau clip pour le premier single "Damn, dis-moi" (avec Dâm-Funk), Chris déploie une superbe chorégraphie qui rappelle à la fois la comédie musicale "West Side Story" et les pas de Michael Jackson dont elle est une grande fan revendiquée.

La vidéo, pour laquelle elle est directrice artistique, s'ouvre sur une autre référence : un clin d'oeil appuyé à la photo iconique "Lunch atop a sky skraper" réalisée par un inconnu en 1932, et qui montre des ouvriers d'un gratte-ciel de Manhattan déjeûnant assis sur une poutre en métal à une hauteur vertigineuse. Le single est bien parti lui aussi pour côtoyer les cimes.