Unesco : le reggae de Jamaïque inscrit au patrimoine mondial de l'Humanité

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 29/11/2018 à 17H51, publié le 29/11/2018 à 10H15
Bob Marley, icône du reggae, sur scène en 1975

Bob Marley, icône du reggae, sur scène en 1975

© Ian Dickson / Rex / Sipa

La musique reggae de Jamaïque a été inscrite jeudi sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Humanité par un comité spécialisé de l'Unesco réuni à Port-Louis, capitale de l'Île Maurice.

L'Unesco a souligné "la contribution" de cette musique à la prise de conscience internationale "sur les questions d'injustice, de résistance, d'amour et d'humanité", et sa dimension à la fois "cérébrale, socio-politique, sensuelle et spirituelle", grâce à des artistes comme Bob Marley.

Le reggae rejoint ainsi une liste de quelque 400 traditions culturelles (chants, danses, spécialités gastronomiques ou célébrations) allant de la pizza napolitaine au zaouli, musique et danse des communautés gouro de Côte d'Ivoire.
Bob Marley chante "Could you be loved" en Allemagne lors de sa dernière tournée en Europe au printemps et à l'été 1980
Le comité ad hoc de l'Unesco, qui se réunit jusqu'à samedi pour examiner 40 demandes d'inscription, avait également intégré mercredi les savoir-faire liés au parfum de Grasse en France.

Le reggae, dont la candidature était portée par la Jamaïque, a émergé à la fin des années 1960. Style musical issu du ska et du rocksteady, il a aussi intégré des influences du jazz et blues d'Amérique. La musique est vite devenue populaire aux États-Unis et au Royaume-Uni, importée par les nombreux immigrés jamaïcains après la Seconde Guerre mondiale.

La musique des opprimés

Elle s'est souvent revendiquée comme la musique des opprimés, abordant des questions sociales et politiques, la prison et les inégalités. Par ailleurs, le reggae est indissociable du rastafarisme, mouvement spirituel qui sacralise l'empereur éthiopien Haïlé Sélassié et promeut l'usage de la ganja, ou marijuana.

En 1968, la chanson "Do the Reggay" de Toots and the Maytals a été la première a utiliser le nom de reggae (alors orthographié différemment), qui a connu un grand succès mondial grâce à des classiques de Bob Marley et son groupe the Wailers comme "No Woman, No Cry" et "Stir It Up".
Toots and the Maytals : "Do the Reggay" (1968)
"Le reggae est exclusivement jamaïcain", a commenté Olivia Grange, la ministre de la Culture de cette île caribéenne, avant le vote. "C'est une musique que nous avons créée qui a pénétré partout dans le monde."

À la différence de celle du patrimoine mondial, cette liste n'est pas établie selon des critères "d'excellence ou d'exclusivité", selon l'Unesco. Elle ne cherche pas à réunir le patrimoine "le plus beau" mais à représenter la diversité du patrimoine culturel immatériel, à mettre en lumière des savoir-faire portés par des communautés.