Ravi Shankar, maître indien du sitar, est mort

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/12/2012 à 02H16, publié le 12/12/2012 à 08H40
Ravi Shankar et sa fille Anoushka le 25 février 2004

Ravi Shankar et sa fille Anoushka le 25 février 2004

© RAVI RAVEENDRAN / AFP

Le maître indien du sitar, Ravi Shankar, qui a influencé de nombreux artistes étrangers, des Beatles au violoniste classique Yehudi Menuhin, est décédé aux Etats-Unis à l'âge de 92 ans, a annoncé mercredi sa famille.

https://videos.francetv.fr/video/NI_142523@Culture

Ravi Shankar, père de la chanteuse de jazz et pop-folk Norah Jones, s'est éteint dans un hôpital de San Diego, où il avait récemment subi une intervention chirurgicale pour le remplacement d'une valve cardiaque. Le Premier ministre indien Manmohan Singh a fait part de sa tristesse et évoqué la perte d'"un trésor national et d'un ambassadeur mondial de l'héritage culturel de l'Inde". "Une ère s'achève. La nation se joint à moi pour rendre hommage à son génie insurpassable, à son art et à son humilité", a ajouté le chef du gouvernement.

Ravi Shankar : un documentaire évoquant les années 1960 et la rencontre avec George Harrison, des Beatles (en anglais)


Surnommé "le parrain de la World Music"
Ravi Shankar, qui vivait en Californie, était né dans la ville sacrée de Bénarès, sur les bords du Gange, le 7 avril 1920. Il venait d'une famille de brahmanes, la plus haute caste dans la complexe société traditionnelle hindoue. Le guitariste des Beatles, George Harrison, devint son élève dans les années 1960 et tous deux collaborèrent, ensuite, à plusieurs projets, notamment lors d'un concert de bienfaisance pour le Bangladesh en 1971.


Harrison avait surnommé Ravi Shankar "le parrain de la World Music". En plein mouvement hippie, il s'était produit au festival de Woodstock (Etats-Unis) en 1969 aux côtés de Janis Joplin et Jimi Hendrix devant 500.000 spectateurs.
Ravi Shankar jouant de la Sittar en 25 février 2004

Ravi Shankar jouant de la Sittar en 25 février 2004

© RAVI RAVEENDRAN / AFP
Bien que les sons envoûtants du sitar aient irrigué la pop music depuis quarante ans, en partie grâce à lui, ils gardent le même pouvoir de fascination chez les Occidentaux.Tantôt méditative, tantôt échevelée mais toujours raffinée et complexe, cette musique construite en partie sur l'improvisation est hypnotique et mystérieuse, propice au vagabondage de l'esprit, comme hors du temps.
La virtuosité de Ravi Shankar subjugue le public du festival Monterey Pop (Californie), en 1967

Le musicien souffrait de problèmes respiratoires et cardiaques
Dans une déclaration publiée de New York via le compte Twitter du musicien, sa veuve, Sukanya, et sa fille, Anoushka, ont expliqué que "sa santé était fragile depuis plusieurs années et jeudi (dernier), il a subi une opération qui pouvait potentiellement lui donner un nouveau souffle". "Malheureusement, en dépit des meilleurs efforts des chirurgiens et des médecins à son chevet, son corps n'a pas résisté à la fatigue de l'opération. Nous étions à ses côtés lorsqu'il est décédé", ont-elles ajouté.

"Même si c'est un temps de chagrin et de tristesse, c'est aussi le temps du remerciement et de la gratitude pour l'avoir eu dans nos vies", ont ajouté les deux femmes.

Le musicien s'était produit pour la dernière fois en concert le 4 novembre à Long Beach, en Californie, avec sa fille Anoushka, elle-même joueuse de sitar.

Fameuse rencontre musicale entre Ravi Shankar et le violoniste Yehudi Menuhin, immortalisée par les deux disques "West meets East" en 1966 et 1967