Les Traversées de Tatihou : quand la musique et le public prennent le large

Publié le 12/08/2018 à 18H06
Un des violonistes du groupe Zef rejoint à pied et en musique l'île de Tatihou.

Un des violonistes du groupe Zef rejoint à pied et en musique l'île de Tatihou.

© France 3 Culturebox (capture d'écran)

La musique, ça se mérite ! Dans la Manche, chaque mois d’août depuis 24 ans, le festival Les Traversées de Tatihou propose au public de rejoindre à marée basse une petite île au large de Saint-Vaast-la-Hougue. Un périple de trente minutes pour découvrir les musiques traditionnelles et du monde. Cette année, plus d’une quarantaine d’artistes venus du monde entier sont présents jusqu’au 15 août.

Tatihou... A lui seul, ce nom est déjà une invitation au voyage, une porte ouverte sur le dépaysement. Un nom qui serait d’origine scandinave, le  "hou" signifie "terre entourée d'eau" et "Tati" est un nom propre. Pour certains, c'est la trace du passage des Vikings dans la région. Avec une telle histoire, pas étonnant qu’un festival dédié aux musiques traditionnelles et du monde se soit développé ici, sur ce petit bout de terre de 28 hectares située sur la côte est du Cotentin (mais rattaché administrativement à Saint-Vaast-la-Hougue dans la Manche).
Traversées de Tatihou 2 © France 3 Culturebox (capture d'écran)

Au rythme des grandes marées

Pour la rejoindre, il faut parcourir 1,2 km, soit une petite demi-heure de marche à marée basse en suivant le rhun (la chaussée qui traverse les parcs à huîtres) mais uniquement quand le coefficient de marée est supérieur à 65. Le festival Les Traversées de Tatihou vit donc au rythme des grandes marées : ce sont elles qui déterminent les heures des représentations et les dates du festival. C'est bien beau de faire venir les gens sur l'île pour écouter de la musique mais il faut qu’ils puissent revenir à pied avant que la marée remonte ! Une fois le littoral rejoint, d’autres rendez-vous musicaux sont prévus à Saint-Vaast-la-Hougue.

Reportage : France 3 Normandie - S. Rouil / M. Tregouet / S. Ledey

https://videos.francetv.fr/video/NI_1276511@Culture

Peu de têtes d'affiche

Ici, le public ne vient pas pour les têtes d’affiche, peu nombreuses - Emir Kusturica, le réunionnais Danyèl Waro, l'ensemble vocal corse A Filetta sont celles de l’édition 2018 – mais pour s’offrir un grand bol de découvertes musicales sur fond d’embruns. Ici, l'oreille vagabonde et ne cherche pas forcément du "connu", bien au contraire.

Le festival propose aussi du cinéma en plein air, des concerts décentralisés dans des lieux remarquables du Val de Saire, des stages de pratique artistique, une scène amateurs et des déambulations dans les rues de Saint-Vaast-la-Hougue.
 

Danyèl Waro (à gauche), figure emblématique de La Réunion a fait frissonner le public en chantant le Maloya, le blues de l'île.

Danyèl Waro (à gauche), figure emblématique de La Réunion a fait frissonner le public en chantant le Maloya, le blues de l'île.

De la musique et des visites

Avant d’être un lieu de festival, Tatihou est une île qui se visite et qui ne manque pas d'attraits. On y trouve un lazaret (un ancien lieu de quarantaine), un fort et une tour de 21 mètres édifiée en 1694 sur les plans de Vauban. Elle est classée depuis 5 ans au Patrimoine mondial par l'Unesco. Un musée maritime et un jardin regroupant des espèces endémiques de la Manche Atlantique complètent la visite. L'île appartient au Conservatoire du littoral.