Chico Buarque et Gilberto Gil au "Festival Lula Libre" pour réclamer la libération de l'ex président

Mis à jour le 29/07/2018 à 16H11, publié le 29/07/2018 à 09H54
Gilberto Gil et Chico Buarque au "Festival Lula Libre", juillet 2018

Gilberto Gil et Chico Buarque au "Festival Lula Libre", juillet 2018

© Mauro Pimentel / AFP

Les monstres sacrés de la musique brésilienne Gilberto Gil et Chico Buarque se produisaient samedi à Rio de Janeiro au "Lula Libre". Ce festival était organisé pour réclamer la libération de l'ex-président brésilien Lula incarcéré depuis avril pour corruption et favori des intentions de vote pour la présidentielle d'octobre.

5.000 personnes de tous âges - dont certaines portaient des masques en papier à l'effigie de Luiz Inácio Lula da Silva - se sont rassemblées dans le centre-ville pour écouter les prestations d'une quarantaine d'artistes mobilisés pour soutenir le leader de la gauche brésilienne.

"On dit souvent que Lula n'attire que les gens pauvres, les bénéficiaires" des aides familiales "mais aujourd'hui on voit que les intellectuels du Brésil soutiennent sa liberté parce qu'il a été condamné sans preuves", a affirmé Silvia Costa, une fonctionnaire de 51 ans. "Il n'y a pas de leader comme Lula dans tout le Brésil, il est le seul à pouvoir diriger le pays", a affirmé de son côté Inmaculada Santos, une commercante de 50 ans.

La chanteuse de samba Beth Carvalho participait également au festival, avant le spectacle très attendu de Chico Buarque et Gilberto Gil, dans la nuit. Les deux artistes ne se sont pas produits ensemble sur scène depuis 1973, du temps de la dictature militaire (1964-1985). Gilberto Gil a été ministre de la Culture du président Lula pendant cinq ans, de 2003 à 2008.

Même si des "Lula libre!" se sont fait entendre au fil de la journée, tous les spectateurs n'étaient pas venus pour l'ancien président, au pouvoir de 2003 à 2010. "Moi, sincèrement, je viens pour les artistes, parce j'aime Chico y Gil. Je ne suis pas très proche de la cause de Lula", reconnaît Gabriel Nascimento, un étudiant en histoire de 19 ans. 

Lula purge une peine de prison de 12 ans 

Lula purge une peine de 12 ans et un mois de prison à Curitiba pour corruption et blanchiment d'argent, accusé d'avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs pour l'attribution de marchés publics.

Impliqué dans cinq autres procédures judiciaires, l'ex-président nie et se dit victime d'un complot destiné à l'empêcher de se présenter à l'élection d'octobre. L'ex-président est en tête des intentions de vote pour cette présidentielle, même si sa candidature a des chances d'être invalidée prochainement par la justice électorale.