Cacophonie aux Kora Awards, la grande fête de la musique africaine

Par @Culturebox
Mis à jour le 31/12/2012 à 10H47, publié le 29/12/2012 à 19H29
Le groupe Dikakapa, du Botswana, sur la scène des Kora 2010, à Ouagadougou, au Burkina Faso (4 avril 2010)

Le groupe Dikakapa, du Botswana, sur la scène des Kora 2010, à Ouagadougou, au Burkina Faso (4 avril 2010)

© Ahmed Ouoba / AFP

La cérémonie devait avoir lieu ce samedi soir. Elle s'est retrouvée reportée à dimanche, après l'avoir été, pour un temps, à lundi... Des reports causés officiellement par le retard du chanteur américain Chris Brown, qui devait être la star du show, et qui a répondu présent.

"La cérémonie de récompense est reportée à lundi", a d'abord déclaré à l'AFP Konnie Touré, du service communication des Kora. Motif invoqué : le chanteur américain de R&B Chris Brown, qui aurait dû atterrir en Côte d'Ivoire samedi, n'a pu monter dans son avion et "n'arrivera que dimanche à 5H00 (locales et GMT)" pour y prendre part, a-t-elle expliqué.

Plus tard, il a été annoncé que la cérémonie se tiendrait dimanche et que Chris Brown serait bien présent. "Finalement, tout aura lieu dimanche", a déclaré à l'AFP l'homme d'affaires béninois Ernest Adjovi, patron des Kora. Selon lui, Chris Brown doit donc bien arriver très tôt dimanche, et donner dans l'après-midi un concert "pour la paix en Afrique" au grand stade d'Abidjan, accompagné d'artistes africains comme le duo nigérian P-Square, vainqueur des derniers Kora à Ouagadougou en 2010.

Chris Brown est bien arrivé
Le chanteur américain Chris Brown est finalement arrivé dimanche à Abidjan. En bonne compagnie, puisque la star Rihanna était du voyage. De quoi réjouir les amateurs de potins "people", qui ne ratent rien de la chronique de leurs amours tourmentées. Message de Chris Brown confirmant sa présence aux Kora Awards
La star de hip hop et R&B le clamait : "I'll be there !" (je serai là) - vidéo postée le 13 décembre 2012
Le retard de Chris Brown est-il la seule raison du report ?
Les Kora devaient se dérouler le soir même, à partir de 20H30 (locales et GMT), a précisé Ernest Adjovi, pour qui "il est hors de question de faire les Kora sans Chris Brown". Et le patron des Kora d'assurer : "Nous sommes bien prêts." Il a néanmoins reconnu que l'acheminement d'une partie de l'équipement avait pris du retard et que le matériel n'arriverait finalement que samedi soir.

Une source proche de la cérémonie a soufflé un peu plus tôt que le retard du chanteur, connu autant pour ses pas de danse virtuoses que pour ses amours tumultueuses avec Rihanna, "n'était pas la vraie raison" du report. "Les organisateurs ne sont pas prêts", avait-elle affirmé.

Equivalent africain des Grammy Awards, les Kora ont été créés en Afrique du Sud en 1994. Dans le passé, l'ex-président sud-africain Nelson Mandela et le "roi de la pop" Michael Jackson y ont participé. L'événement avait connu des difficultés financières et plusieurs années de léthargie avant l'édition du Burkina Faso, elle-même marquée par la défection du chanteur de R&B sénégalo-américain Akon.

Vendredi soir sur la télévision publique ivoirienne RTI, Ernest Adjovi, prospère homme d'affaires béninois et médiatique patron des Kora, assurait que Chris Brown serait au rendez-vous en dépit des "oiseaux de mauvais augure".

Une polémique sur le prix des places
Avant même ce report surprise, la préparation des Kora à Abidjan, soutenue financièrement par le gouvernement du président ivoirien Alassane Ouattara, a été marquée par la polémique. Le prix des places a choqué les esprits : un million de francs CFA (1.500 euros) dans la salle du grand hôtel qui doit abriter la cérémonie, et 50.000 FCFA (75 euros) sur le parvis à l'extérieur, où une autre scène est installée.

"Scandale", a tonné le journal du parti de l'ex-président Laurent Gbagbo, "Notre Voie". Ces prix, inaccessibles au commun des habitants d'un pays très appauvri par une décennie de tourmente, "ne sont rien moins que des injures lancées (au) visage" des Ivoiriens en ces fêtes de fin d'année, tempêtait cette semaine ce quotidien d'opposition.

Pour la Côte d'Ivoire, qui s'efforce de tourner la page de la crise post-électorale de décembre 2010 - avril 2011 qui a fait quelque 3000 morts, la tenue des Kora Awards à Abidjan est une marque de la normalisation tant vantée par le pouvoir. Cette "très belle fête" doit permettre d'"accompagner les Ivoiriens" sur le chemin de la "paix", expliquait récemment Ernest Adjovi, le patron des Kora.

Si des artistes de toutes les régions du continent seront récompensés - près d'une trentaine de trophées sont annoncés -, le coeur d'Abidjan battra surtout pour Magic System. Le quatuor ivoirien à succès bataillera notamment, dans la catégorie reine du meilleur groupe africain, avec Toofan (Togo) et Malaika (Afrique du Sud).