Mort de Rachid Taha, le chanteur du groupe Carte de séjour

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/09/2018 à 11H44, publié le 12/09/2018 à 13H04
Rachid Taha photographié chez lui aux Lilas (93) en janvier 2016.

Rachid Taha photographié chez lui aux Lilas (93) en janvier 2016.

© PHOTOPQR/LE PARISIEN

Le chanteur Rachid Taha est décédé d'une crise cardiaque à son domicile parisien, à l'âge de 59 ans, la nuit du 11 au 12 septembre 2018. Connu notamment pour avoir repris "Douce France" aux accents arabisants, Rachid Taha a été pendant trente-cinq ans le chantre de la fusion entre rock, punk et musiques maghrébines.

"Son fils Lyes, sa famille, ses proches, tous ses amis et son label Naïve, ont le regret et l'immense tristesse d'annoncer le décès de l'artiste Rachid Taha, survenu cette nuit suite à un arrêt cardiaque à son domicile des Lilas", indique le communiqué.

Fusion réussie

"Que de souvenirs professionnels : le succès de Ya rayah, le concert historique de 1,2,3 soleils et que de fêtes, de discussions et de rires jusqu'à la fin de la nuit ! Quelle tristesse ..! RIP l'ami", a réagi le producteur Pascal Nègre sur Twitter.

Rachid Taha était une des personnalités fortes et attachantes de la scène rock hexagonale, dès le début des années 1980. Avec Carte de séjour, il a été parmi les premiers à marier avec talent toutes les musiques dont il s'inspirait : les musiques venues du Maghreb, tels que le raï, le chaâbi, et les musiques occcidentales comme le rock 'n' roll,  le punk et la techno.

Né en Algérie en 1958 d'une famille issue d'Algérie et du Maroc, Rachid Taha est arrivé en France à l'âge de dix ans. Il vit en Alsace avant de rejoindre Lyon où, à l'usine, il fait la connaissance de deux collègues avec lesquels il formera le groupe Carte de Séjour en 1981, porté par les mouvements de tolérance des années 1980.  Par sa musique, Taha devient en quelque sorte le porte-drapeau de la communauté française d'origine maghrébine de seconde génération.

"Douce France" 

Une chanson illustrera cet engagement en 1986 : "Douce France" de Charles Trenet, dont il propose une réinterprétation un brin ironique, aux accents arabisants. Polémique d'un côté, énorme succès de l'autre.
Après l'arrêt de Carte de Séjour en 1989, Rachid Taha entame une carrière solo avec la sortie de son premier album, "Barbès" en 1991. En poursuivant la fusion avec des influences occidentales, le chanteur explore le répertoire classique et raï en s'inspirant de ses aînés et en particulier de l'immense Cheikha Rimitti, dont il reprend de nombreux rythmes et mélodies.

Trio raï

En 1998, Il connaît un franc succès avec l'album "Diwân" qui contient des chansons chaâbi et sur lequel figure le tube "Ya Rayah". La même année, sort l'album live "1, 2, 3 Soleils", il est alors en compagnie de deux grandes stars du raï, Khaled et Faudel. 
Et en 2004 sort l'album "Tékitoi", qui reprend le tube "Rock the Casbah" de The Clash. Juste retour des choses puisqu'on a toujours dit que Carte de Séjour les avait inspiré pour écrire ce hit punk rock orientalisant.

"Zoom", le dernier album en date

En 2008, Rachid Taha publie son autobiographie, "Rock la Casbah", aux éditions Flammarion. En 2013 sort son neuvième et dernier album solo, "Zoom", qui contient notamment des hommages à Elvis Presley et Oum Kalthoum. Un album inspiré, où Rachid Taha s'emploie, comme il l'a fait tout au long de sa carrière, à tisser des liens entre Orient et Occident. Ce faisant, il installe un souk vitalisant sur la scène musicale française avec toute la fougue et l'engagement qu'on lui connaissait.

Rachid Taha s'apprêtait à sortir un nouvel album qui devait être publié sur le label Believe.