Hellfest : trois choses à savoir sur la fête de l'Enfer 2018

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/06/2018 à 16H43, publié le 20/06/2018 à 16H31
La scène principale du Hellfest noire de monde en 2017.

La scène principale du Hellfest noire de monde en 2017.

© Franck Dubray / Photo PQR Ouest-France / MaxPPP

La treizième édition du Hellfest ouvre ses portes vendredi pour trois jours à Clisson (Loire-Atlantique). Quelque 160 groupes de musiques extrêmes, rock, heavy, death ou black metal mais aussi punk et hardcore, se produisent sur six scènes à guichets fermés. Trois choses à savoir sur cette fête d'enfer à laquelle 180.000 "metalheads" s'apprêtent à participer les yeux fermés du 22 au 24 juin.

1.
L'affiche costaud de 2018
Sur les 159 noms programmés sur les six scènes, 50% jouent au Hellfest pour la première fois. Côté stars, le Hellfest s'est offert cette année la seule date en France de l'incroyable "all stars band" Hollywood Vampires, constitué de Alice Cooper, de l'acteur Johnny Depp et du guitariste d'Aerosmith Joe Perry (vendredi à 20h45 sur le Main Stage 1).

L'Américaine Joan Jett, pionnière du hard rock et du punk rock, risque d'enflammer le vignoble vendredi après-midi avec son énergique et indémodable "I Love Rock'n Roll", qui avait secoué le début des années 80, et son autre tube, "Bad Reputation". D'autres vétérans, les Suédois d'Europe et la formation britannique Judas Priest, prendront sa suite dans la soirée, tout comme les inusables Napalm Death, familiers du festival où ils jouent pour la 6e fois, et le groupe de rock alternatif américain A Perfect Circle, qui signe son grand retour après quatorze ans d'absence.

Samedi, ce sera le groupe norvégien de black metal symphonique Dimmu Borgir qui fera son "come back" alors que défileront sur l'une des principales scènes deux groupes majeurs déjà venus en 2015 : Body Count, fusion de hip-hop et de metal emmené par le rappeur Ice T, et son héritier Limp Bizkit.

Dimanche, le légendaire Iron Maiden, première tête d'affiche annoncée en novembre, clôturera la 13e édition. Il aura été précédé notamment de Megadeth, Alice in Chains et de l'affreux Marilyn Manson

 

2.
Des décors d'Enfer
Avec ses décors gigantesques en acier, ses sculptures dépassant pour certaines 15 mètres de haut, sa centaine de containers transformés en bars, le Hellfest a acquis en douze premières éditions une réputation qui va au-delà des amateurs de ces musiques "de niche" et d'un public 100 % hexagonal puisque un quart des festivaliers vient de l'étranger. 
 
"Durant trois jours, on arrive à les amener dans une sorte de nouveau monde, où ils peuvent se déconnecter et passer un bon moment", souligne le patron du Hellfest Ben Barbaud, qui "assume pleinement le côté Disneyland du metal". D'autant que le public joue le jeu en arborant des tenues à se damner.
Tenues et maquillages d'enfer de rigueur au Hellfest.

Tenues et maquillages d'enfer de rigueur au Hellfest.

© Romain Boulanger / Presse Ocean / MaxPPP

Rien n'est trop beau pour satisfaire les festivaliers : un pipeline alimente même les bars en bière !

Le festival clissonnais n'a pas "les scènes dans le fond, les bars à gauche et les frites à droite" comme dans "un champ à vaches", ajoute le patron du Hellfest, taclant celui qui est venu le concurrencer il y a trois ans, le Download en région parisienne, "qui a lui beaucoup de mal à remplir son festival".  

"Chez nous, chaque euro gagné est réinvesti pour le confort des festivaliers et ils s'en rendent compte", affirme Ben Barbaud. Après la fibre optique et un pipeline pour alimenter les bars en bière l'an dernier, les organisateurs ont pavé les devants de scènes pour éviter la poussière et ont installé l'arrosage automatique des pelouses "comme sur un terrain de golf". 
 
Et la météo ? Topissime cette année selon Météo France. Plein soleil et 28 degrés pour commencer. Puis 26 samedi et dimanche avec quelques passages nuageux pour souffler un peu.
Nan, ne rêvez pas, le pipeline de bière n'arrive pas direct au premier rang du Hellfest quand il fait trop chaud. Mais un coup d'arrosage reste bienvenu. 

Nan, ne rêvez pas, le pipeline de bière n'arrive pas direct au premier rang du Hellfest quand il fait trop chaud. Mais un coup d'arrosage reste bienvenu. 

© Franck Dubray / Photo PQR Ouest-France / MaxPPP

3.
Un budget maousse
Contrairement aux idées reçues, le Hellfest est le champion des festivals français avec un budget de 22 à 23 millions d'euros cette année (contre 13 pour les Vieilles Charrues pourtant considéré comme le plus gros festival de France, et 9 millions pour les Eurockéennes de Belfort).

Si les organisateurs sont aux petits soins avec le public, c'est peut-être aussi parce que le Hellfest est le festival le plus cher de France. Avec un ticket d'entrée de 200 euros pour trois jours, il s'agit d'en donner pour leur argent aux fans de metal. Or le public du Hellfest est visiblement satisfait : il est en effet l'un des plus fidèles et vient désormais les yeux fermés.

Le "festival de l'enfer" a ainsi réussi depuis trois ans à vendre l'intégralité de ses 55.000 pass à l'aveugle, avant même d'avoir annoncé le moindre groupe. Ceux de l'édition 2018 se sont écoulés dès octobre "en moins de trente heures !", se félicite le boss Ben Barbaud, qui a lancé ce festival devenu incontournable "dans (sa) chambre, avec quelques amis qui sont toujours là". 

Car "Même si on est l'un des plus gros festivals de France, notre modèle associatif est plus proche de l'artisanat que de la macro-économie", assure-t-il. Le succès "inimaginable" du festival de Clisson, en plein vignoble nantais, permet de "convaincre les partenaires bancaires" et de proposer toujours "plus de démesure dans la mise en scène". 
Le genre de créature à se damner que l'on peut croiser au Hellfest.

Le genre de créature à se damner que l'on peut croiser au Hellfest.

© Franck Dubray / Photo PQR Ouest-France / MaxPPP

> Retrouvez toutes les infos et la couverture du Hellfest sur le site France 3 Pays de la Loire

A voir : "Le Hellfest comme si vous y étiez", une vidéo publiée par Le Monde en 2016 et toujours d'actualité.