Hellfest : l'anti-sèche en 7 points

Par @Nijikid
Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 21/06/2018 à 13H33, publié le 16/06/2016 à 12H05
Hellfest, le festival qui rend les Metalheads heureux.

Hellfest, le festival qui rend les Metalheads heureux.

© Marc Ollivier / PQR Ouest-France / MaxPPP

Iron Maiden, Joan Jett, Hollywood Vampires, Marilyn Manson, Europe, Megadeth, Body Count, Judas Priest : les oreilles ont de quoi saigner pour la 13e édition du Hellfest à Clisson de vendredi jusqu'à dimanche. Voici l'essentiel à savoir sur cette manifestation de "musiques extrêmes", l'une des plus importantes du genre en Europe et désormais le premier festival français en terme de budget.

1.
Les chiffres clés du Hellfest 2018 
170.000 spectateurs attendus cette année
6 scènes de différents styles musicaux
159 groupes au programme
22 à 23 millions d'euros de budget
200 euros le pass trois jours

2.
De quelle(s) musique(s) parle-t-on ? 
On appelle généralement les mordus du Hellfest les "metal heads" ou "métalleux" en français. Pourtant, le Hellfest ne se cantonne pas au metal. Il présente aussi du rock, du punk-rock, du hard rock, du hardcore, du stoner, du rock'n'soul, du post-rock etc. Et quand bien même il se cantonnerait au metal, il s'agit d'un genre aux courants multiples, tout sauf monolithique ! La bannière metal retroupe notamment (prenez votre inspiration) le black metal, le thrash metal, le death metal, le stone metal, le folk metal, le speed metal, le doom metal, le power metal, le metalcore, le metal progressif et même le metal symphonique (comme les Hollandais Delain ou la Finlandaise Tarja). La liste est infinie et en évolution perpétuelle. A quand un master en metal ? 

Ecoutez la playlist du Hellfest 2018

3.
Quel est le profil des festivaliers du Hellfest ? 
Selon une étude publiée en 2011 par Christophe Guibert de l'université d'Angers, le profil type du festivalier du Hellfest est un homme à 81% (mais le ratio de femmes est en progression ces dernières années) et il est âgé en moyenne de 26 ans. Les cadres et professions libérales y sont sur-représentés (25% des festivaliers). 30% d'entre eux sont étrangers. "Le metalleux est une personne plutôt cultivée, sympa et non violente", estime pour sa part Corentin Charbonnier, auteur de la première thèse sur le Hellfest soutenue en décembre 2015 à l'Université de Tours. Dans "Le Hellfest comme lieu de pélerinage", il explique que pour les adeptes du metal, venir au festival s'apparente à un véritable "pèlerinage", synonyme de fête et de communion. À deux doigts du sacré. 

Un échantillon de festivaliers enthousiastes au Hellfest 2015.

Un échantillon de festivaliers enthousiastes au Hellfest 2015.

© Salom-Gomis Sebastien / Sipa
4.
Une scénographie de choc 
Au Hellfest, le seul festival français capable d'afficher complet en trois semaines avant même d'avoir annoncé la programmation, on vient autant pour la musique que pour le décor et l'ambiance. Les organisateurs du festival l'ont bien compris, qui soignent particulièrement la scénographie, à laquelle est consacrée près d'un quart du budget cette année (4 millions sur 16 millions de budget). Les mauvaises langues parlent dès lors de "parc d'attractions pour les metalleux". Ils n'ont pas tort. Et alors ? Des portes d'entrée (de l'enfer) toujours plus spectaculaires ? Check. Des effets spéciaux pyrotechniques sur les scènes ? Check. Une grande roue ? Check. Un skate park en forme de crucifix ? Check. Un feu d'artifice ? Check. La statue géante ? Check. Qui sera honoré cette année après la gigantesque statue haute de 15 mètres en 2016 à l'effigie du regretté Lemmy Kilmister de Motörhead, venu à cinq reprises botter les fesses du Hellfest ?

5.
Prêts pour la mêlée du Wall of Death ? 
Dans le rock, tout le monde connait maintenant le pogo (sauter sur place et s'agiter brutalement) et le slam (plonger depuis la scène en espérant se faire porter par le public). Dans le rock on pratique également de temps à autre le headbang cher aux métalleux qui consiste à agiter frénétiquement sa tête et sa chevelure (si possible une tignasse longue) au rythme de la musique. On connaît moins le rituel du Wall of Death, traduit par "Mur de la mort", très couru des metal heads. Soit spontanément, soit à l'invitation du groupe qui se trouve sur scène, le public se scinde en deux parties de façon à laisser une allée au milieu. Les deux groupes se fonçent alors l'un sur l'autre comme des dingues, façon charge des Gaulois contre les Romains. Euphorisant paraît-il, et ce en dépit des contusions, lèvres fendues et autres genoux déboités – aux Hellfest, les cicatrices sont des trophées-souvenirs.

6.
D'où vient le "Horns Up", signe de ralliement des métalleux ? 
Vous voulez en être ? Alors serrez le poing. Dressez uniquement le pouce et l'auriculaire (le petit doigt). Brandissez en l'air comme des cornes. En anglais on l'appelle d'ailleurs le "Horns Up" (cornes en l'air).C'est le signe de ralliement des amoureux de metal. Il permet aussi de montrer son appréciation à la façon du pouce en l'air. Et c'est bien sûr la façon la plus commune de se saluer au Hellfest. S'il s'agit d'un signe utilisé depuis l'Antiquité, sa forme actuelle dans le metal a été popularisée par l'ancien chanteur disparu de Black Sabbath Ronnie James Dio, durant la tournée "Heaven and Hell" en 1980. Il disait lui-même tenir ce geste de sa grand-mère sicilienne qui en usait pour conjurer le mauvais œil...

Des festivaliers du Hellfest font le "Horns up".

Des festivaliers du Hellfest font le "Horns up".

© Aymeric Guillonneau /Citizenside/ AFP
7.
Au Hellfest, on trouve même des doudous... d'enfer
Avec leurs noms de groupes agressifs ou repoussants, tels que Terrorizer, Agressor, Megadeth, Overkill, Sadist ou Bain de Sang, mais aussi leurs tenues de deuil intégral, leurs tignasses et leurs accessoires cloutés, on peut se figurer, comme Madame Christine Boutin qui dénonçait en 2010 la "culture de la mort" promue par le Hellfest, que le metal est un style dangereux et neurasthénique. Il n'y a pourtant pas plus jovial qu'un metalleux. Jetez un oeil sur les produits dérivés en vente au festival : au milieu des T-shirts, bonnets, indispensables bouchons d'oreilles et autres recharges de smartphones aux armes du Hellfest, on trouve aussi un doudou. Une peluche-marionnette violette de loup du doux nom de "Hellfy" qui fait le "horns up" avec sa patte. Si c'est pas chou, ça !

"Hellfy", le doudou metal en vente sur le shop du Hellfest.

"Hellfy", le doudou metal en vente sur le shop du Hellfest.

© http://www.hellfestshop.com/fr/

> Le Hellfest se déroule du 22 au 24 juin 2018 à Clisson (Loire Atlantique)

> Retrouvez toutes les infos et la couverture du Hellfest sur le site France 3 Pays de la Loire