Matthieu Chedid : "Avec Lettre infinie j'avais envie d'être intime, sans masque et pudique"

@Culturebox

Rédacteur en chef adjoint de Culturebox

Mis à jour le 29/01/2019 à 11H44, publié le 28/01/2019 à 16H38

A l'occasion de la sortie de son nouvel album "Lettre infinie", -M- était l'invité de 20h30 le dimanche sur France 2. Il explique le choix de ce titre, évoque aussi ceux qui, de Michel legrand à Michel Berger, de sa grand-mère Andrée Chedid à David McNeil, ont marqué la bande originale de sa vie. Il a été rejoint par sa fille Billie et par Bilal Hassani qui représentera la France à l'Eurovision.

Assis sur un tabouret haut avec sa guitare -M- chante un couplet des "Moulins de mon coeur" sous le regard en noir et blanc de Michel Legrand qui s'est éteint samedi. Le compositeur fait partie de la bande originale de la vie de-M- : "Cette grâce là, cette intemporalité absolue manquent aujourd'hui." 

Si Michel Legrand était un grand amoureux du piano, Matthieu Chedid fait corps avec sa guitare. Il en possède une cinquantaine.

"La guitare c'est un bouclier pour moi, qui m'a permis d'exister quand j'étais ado et très complexé, un peu dans mon petit monde. J'ai eu besoin de ça comme une arme poétique.

Pudeur et intimité

"Lettre infinie" est le sixième album de -M-. Il comporte un opus qui correspond à "une envie de pudeur et d'intimité à la fois".

Aujourd'hui on est dans les e-mails, dans des choses très numériques et électroniques mais qu'est- ce que c'est bon de prendre la plume, un encrier. Les ratures c'est très beau. C'est important de s'impliquer et de prendre le temps d'écrire." 

L'être infini

-M- qui dit être né dans les Beatles par son père, aime le ridicule et s'amuser de lui-même. C'est pour cela qu'il regarde, à 47 ans, ses looks invraisemblables avec une certaine tendresse :

C'est pas régressif, c'est revenir à la source de soi-même et ne pas oublier qu'on est des enfants malgré tout et qu'on a tous les âges en nous."


Aujourd'hui revenir avec des cheveux d'or sur la pochette de son album, il considère cela comme un jeu, comme une période, à la manière des peintres. "C'est l'âge d'or", 20 ans d'histoire, une transformation pour celui qui va être à nouveau papa. Lettre infinie peut se lire avec une apostrophe car "L'être infini" c'est aussi la transmission.

David McNeil, Michel Berger, France Gall

Parmi les modèles de -M- il y a David McNeil, le fils de Chagall qui a composé pour Julien Clerc (Mélissa), Alain Souchon (J'veux du cuir), Renaud ou encore Voulzy. C'est lui qui lui a appris les accords primaires de guitare : "un déclic absolu". C'est David McNeil qui lui a écrit la chanson "Une seule corde",  en souvenir de ces débuts.

"L'autre paradis" est une chanson dédiée à France Gall et Michel Berger et à leur fils Raphaël. Une chanson en miroir du "Paradis Blanc", mais aussi un hommage à son adolescence, à ces grandes mélodies de l'époque. "Michel Berger et France Gall avaient la grâce, cette fraîcheur et cette légèreté qui fait du bien. C'est autant très subtil que très frais."

D'Andrée Chedid à Billie

C'est à sa grand mère Andrée Chedid que -M- doit "Je dis M", un texte que la poétesse a écrit en une heure et a envoyé par fax à son petit-fils : "Une chanson emblématique".
 
Billie Chedid a rejoint son père sur le plateau de 20h30 le dimanche. C'était pour elle une première. Elle qui pose sa voix sur 8 des 13 titres du nouvel album : "pourquoi chercher loin quand on a un trésor à la maison?", explique Matthieu.

Le combat de Bilal Hassani

Bilal Hassani représentera la France au concours de l'Eurovision à Tel Aviv. Invité de Laurent Delahousse, il avait encore du mal à redescendre sur terre après avoir été choisi. Il regarde "le plus grand show musical au monde" avec beaucoup de passion depuis l'âge de 9-10 ans. 

Malgré des gens qui, sur internet, on dit que je ne représentais pas la France, je suis très heureux de pouvoir la représenter."

Confronté à la vindicte et à la haine, Bilal Hassani dit "ne pas donner de l'attention à la haine, car l'amour l'emporte toujours sur la haine. Dans la chansion "Roi", je ne réponds pas à la haine."