Le streaming, manne financière pour les maisons de disques pas pour les artistes

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/06/2016 à 12H23, publié le 29/06/2016 à 12H05
Adèle a refusé la mise à disposition de son dernier album sur les plateformes de streaming

Adèle a refusé la mise à disposition de son dernier album sur les plateformes de streaming

© France 3 / capture d'écran

L'accès illimité à la musique sur les plateformes de streaming fait toujours l'objet de polémiques quant au partage des revenus. Les artistes se sentent floués et pointent du doigt les maisons de disques qu'ils estiment trop gourmandes.

La musique en ligne, sur les sites de streaming génère de plus en plus d'argent, surpassant les ventes de disques, qui elles continuent de plonger. On pourrait croire que cette nouvelle façon de consommer de la musique, à la demande, profiterait à tous les professionnels de la musique en commençant par les auteurs interprètes. Mais à entendre les artistes, ce sont incontestablement les maisons de disques qui se partageraient les plus grosses part du gâteau. 

Equipe : E. Cornet / J-B. Heyer / A. Dupont / B. Vidal

https://videos.francetv.fr/video/NI_748807@Culture


Si la grande majorité des artistes continue à sortir leurs albums sur CD, d'autres, à l'instar du rappeur marseillais Jul, ont fait le choix de la dématérialisation. Sa musique est uniquement accessible en streaming, et ça marche plutôt pas mal ; plus de 30 millions d'écoutes ont été comptabilisés le mois dernier sur la plateforme française Deezer. 
 
Il faut dire que le principe est simple. Pour profiter des millions de titres mis à disposition sur les sites de streaming, il suffit de payer un abonnement mensuel qui permet de louer et non plus d'acheter de la musique. Un principe qui plait et un service en nette progression. L'an dernier, les revenus du streaming mondial se sont littéralement envolés de plus de 45,2 % comptabilisant plus de 68 millions d'abonnés.
 
Mais à qui profite un tel succès ? Alexis de Gemini, Directeur Général France de Deezer nous explique.

En 2015, Deezer a généré pratiquement 200 millions d'euros de chiffre d'affaires, donc une somme importante sur laquelle nous avons reversé 144 millions d'euros à l'industrie musicale, soit environ 70 % de notre chiffre d'affaires. Donc on ce qui nous concerne nous estimons que nous rémunérons très bien la musique."
 

Pourtant certains artistes continuent à faire de la résistance : Cabrel, Goldman ou encore Adèle refusent toujours leur adhésion à ce nouveau mode de consommation, considérant le montant des rémunérations pas très alléchant. A y regarder de près, les chiffres parlent d'eux même. En effet, pour gagner 100 euros, un artiste doit être écouté 250 000 fois en streaming payant ou un million de fois en streaming gratuit, contre seulement 14 écoutes à la radio et 100 albums vendus.

Tout est fait pour que l'industrie musicale prospère. C'est très triste parce que cela veut dire qu'on ne considère pas le musicien ou l'interprète comme un élément indispensable de la production musicale"

Didier Lockwood
Musicien


Ce seraient donc les grandes maisons de disques qui profiteraient de cette manne financière ?

Honnêtement cette répartition correspondrait à ce qu'elle vaut. Ce qui est surtout très important c'est que les producteurs qui investissent, qui prennent des risques, qui développent des artistes et de l'image pour les faire connaitre, qui payent ce qu'il faut pour qu'ils puissent être sur scène, soient suffisamment bien rémunérés et surtout bien rémunérer les artistes"

Olivier Nusse
Directeur Général Universal Music France


Sauf que les artistes ne l'entendent pas de cette oreille et continuent à se sentir floués. Alors pour le moment, les nombreuses tournées qui sont toujours programmées ne risquent pas de s'arrêter, tant qu'un accord satisfaisant ne sera pas trouvé. Les principales sources de revenus des artistes aujourd'hui proviennent prioritairement des concerts donnés.