Le procès en appel des Pussy Riot repoussé au 10 octobre

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 01/10/2012 à 09H26
Nadezhda Tolokonnikova, Maria Alekhina and Yekaterina Samutsevich, des Pussy Riot, à leur procès le 8 août

Nadezhda Tolokonnikova, Maria Alekhina and Yekaterina Samutsevich, des Pussy Riot, à leur procès le 8 août

© Alexander Zemlianichenko/AP/SIPA

Le procès en appel des Pussy Riot, qui devait avoir lieu lundi, a été reporté au 10 octobre, une des trois jeunes femmes condamnées pour avoir chanté une prière anti-Poutine ayant annoncé qu'elle avait rompu avec ses avocats et se trouvait donc sans défenseur

"Le renvoi demandé par Ekaterina Samoutsevitch est accepté. L'audience est reportée au 10 octobre", a annoncé la présidente du tribunal municipal de Moscou après une suspension de l'audience qui s'était ouverte lundi matin sous protection policière renforcée.

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, ont été condamnées le 17 août à deux ans de camp chacune pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse". Une condamnation très contestée à l’étranger, où on l’a jugé excessive, et très controversée en Russie.

Les trois filles du collectif punk féministe Pussy Riot avaient été arrêtées peu après avoir chanté, en février dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à deux pas du Kremlin, leur « prière punk » demandant à la Vierge de « chasser Poutine » du pouvoir. Elles ont fait appel.

Les avocats ne se font pas d'illusions
Le procès avait débuté lundi à 11h  (9h à Paris) au Tribunal municipal de Moscou, en leur présence. Les trois chanteuses se font peu d'illusions : "Le pouvoir fera peut-être le malin et réduira nos peines de quelques mois, mais nous resterons en prison", ont-elles déclaré dans une interview au tabloïd polonais Super Expresse.

"Le maximum sur lequel nous puissions compter est une réduction de six mois de la peine", pense aussi l’avocate Violetta Volkova, estimant par ailleurs que "seule une relaxe" pouvait constituer un "jugement légitime".

Face au retentissement énorme de l'affaire, le Patriarcat russe, qui avait d'abord demandé la punition des jeunes femmes, a prôné la clémence juste après l'annonce du jugement. Dimanche, il a appelé les jeunes femmes à "se repentir".

Lundi 1er octobre, Amnesty France a déployé un ballon encagoulé, en soutien aux Pussy Riot

Lundi 1er octobre, Amnesty France a déployé un ballon encagoulé, en soutien aux Pussy Riot

© Fred Dufau/AFP

Poutine veut "protéger les sentiments des croyants"
Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, qui avait incarné pendant ses quatre années à la présidence (2008-2012) des espoirs de libéralisation de la  Russie, a pour sa part jugé mi-septembre la peine "sévère", tout en disant que l'affaire lui donnait "la nausée". Mais "Medvedev joue un rôle négligeable en politique", selon un autre avocat, Mark Feïguine.

Le président Vladimir Poutine, qui avait lui aussi recommandé l'indulgence début août, a ensuite argué début septembre que les trois jeunes femmes s'étaient livrées à  un véritable "sabbat" dans une église orthodoxe, et que l'Etat avait  "l'obligation de protéger les sentiments des croyants".

Dans une lettre ouverte écrite en prison et publiée jeudi, les trois jeunes femmes ont jugé leur cas emblématique du "non-droit absolu" qui règne selon elles en Russie.

D’autres membres des Pussy Riot qui ont participé à la prière sont recherchées par la police.