Le marché de la musique poursuit son déclin

Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 13/09/2012 à 16H57
Dans un magasin de musique à Nantes en 2010

Dans un magasin de musique à Nantes en 2010

© Alain Le Bot/Photononstop

Au 1er semestre 2012, le marché de la musique enregistrée a poursuivi son repli, avec un recul de 8,9% sur un an, selon les chiffres communiqués jeudi par le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep).

Sur les six premiers mois de l'année, le marché de gros de la musique enregistrée a représenté 205,7 millions d'euros. Les ventes physiques (CD et DVD) continuent de s'effondrer, avec un nouveau repli de 16,7% à 143,9 millions d'euros. Les revenus issus du numérique (téléchargement, streaming financé par la publicité, abonnements...) ont progressé de 16,3%, mais avec un total de 61,8 millions d'euros, ils ne compensent pas encore la baisse des ventes physiques.

"Le premier semestre a été faible en termes de sorties de nouveautés", a indiqué le directeur général du Snep, David El Sayegh, lors d'un point presse pour expliquer ce résultat. Cependant, "nous n'avons pas de chiffres de consommation catastrophiques", a-t-il nuancé.

La musique est le bien culturel le moins mal loti, grâce au numérique
Selon l'institut GfK, la musique est le bien culturel qui se porte le moins mal, avec une consommation en repli de 3%", a-t-il dit. "Nous sommes un métier très saisonnier et cette tendance s'accentue. 50% du chiffre d'affaires du secteur est réalisé entre septembre et décembre", a-t-il ajouté, rappelant "qu'un CD acheté sur deux est offert".

Les revenus issus du numérique ont représenté 30% du chiffre d'affaires du secteur sur le 1er semestre et devraient atteindre 25% sur l'ensemble de 2012. Le téléchargement reste la principale source de revenus, représentant 53% du chiffre d'affaires réalisé sur le numérique. Sur le semestre, le téléchargement a progressé de 19,9%, à 32,7 millions d'euros.

Les revenus issus du streaming et des abonnements ont augmenté de 26,5%, à 24,2 millions d'euros. Ils représentent désormais 40% des revenus numériques. Mais "les offres sont trop monolithiques et il n'y a pas assez de publicité faite autour d'elles", a déploré le nouveau président du Snep Stéphane Le Tavernier. "Il y a moyen d'accroître ces chiffres, mais il faut qu'un effort soit fait par les plateformes internet", a-t-il estimé, se disant prêt à les "aider à structurer leurs offres".